Erreur de jugement
Subtilité, que tu es étrange à la meute ! On ne voit rien au-delà des apparences. Si on n’est pas un peu poète ou philosophe on dépasse rarement le stade du guignol.
Il y a trop de nuances, c’est difficile. Il faudrait des uniformes pour éviter les ambiguïtés. Un méchant devrait avoir une gueule de méchant, et le gentil devrait toujours être beau. Ce serait tellement plus facile comme ça. Mais il arrive trop souvent que ce soit l’inverse, et c’est bien contrariant. Nos penchants sont ambivalents. Que faut-il s’attendre d’un fourbe ou d’un fraudeur : qu’il nous déplaise, qu’il nous rudoie ? Il est assurément gentil et prévenant. Et la brute, le misanthrope, celui qui ne vous salue jamais, vous surprendra toujours de venir à votre secours.
Les roucouleurs ont tout dans la gorge, rien dans le cœur, c’est bien connu. Et les roucoulés (les innocents) ont tout dans le ventre, rien dans la tête, ça on l’oublie trop souvent. Les victimes ne sont pas sans péché, j’y vois toujours au moins vanité ou cupidité. Ça fait beaucoup de matière aux romanciers.
**
Tout est relatif.
Dans le journal La Presse (p.A8) 1er octobre 2009 :
…depuis 2005, 104 piétons tués, 612 blessés, sur le seul territoire montréalais.
Combien de morts canadiens encore en Afghanistan depuis 2002, dans une GUERRE ?
Je dis ça comme ça.
D’accord, d’accord. Tout est relatif, mais pas comparable. D’accord.
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dimanche 28 mars 2010
JOUR DE BUANDERIE
Satire
Tableau III
Satire
Tableau III
Il y a encore dans cette buanderie
Une grosse maman et ses deux enfants chéris.
La mère tâche fort de rendre son linge blanc
Et ces petits rejetons, eux, de briser un banc.
On peut voir l’aînée, à pieds joints, sauter dessus,
Tandis que dessous rampe le cadet reclus.
Il en est à mordre le bois quand, tout à coup,
En arrachant la tuile, il renifle beaucoup :
Péniblement il tire d’un amas de poussière
Une chose étrange faite d’une gluante matière,
Genre de sucrerie devant être autrefois
Petit bonbon à peine sucé quelques fois.
Comme clochard trouvant un cigare, le petit
Exhibe sa trouvaille avec joie et appétit
À sa sœur ainée qui en éructe à l’avance
Du goût divin que doit avoir cette substance.
De droit d’aînesse elle réquisitionne l’objet
Et le met dans sa gueule, d’un coup, au complet.
Le bébé en criant le lui sort de la bouche
Elle le reprend… et commence une lutte farouche.
Le bonbon se fait tirer à gauche et à droite,
Prenant soudain des couleurs dans leurs mains moites.
Puis le cadet, lassé, crache sur elle et fait gaffe,
Car insultée v’là, comme un chien, qu’elle gronde et paf!
L’immonde ainée dans un geste vif et subit
Fait claquer sa main dans la face du petit,
Lui arrachant, mon dieu, presque du coup l’œil droit
(Ce qui, sur le choc, le remet presqu’à l’endroit).
Furibond, le bambin charge en se relevant
Dans l’estomac de sa sœur, mou et recevant.
À coups de genou au menton elle l’édente,
Mais il mord toujours plus dans la chair abondante.
Beaucoup de bruit, de cris, de larmes et de pleurs
Se mêlent aux échanges de ces deux querelleurs.
Au tumulte, la mère soupçonnant un scandale
Vers les deux pugilistes aussitôt dévale.
Les lèvres serrées, la cigarette pendante
Elle roule ses manches et s’avance menaçante.
Elle distribue les claques et multiplie les gnons,
Ici c’est un crâne qui écope, là un chignon.
Sous les coups battants je l’entends qui les exhorte
À ne pas l’un et l’autre agir de la sorte;
Qu’il ne sied pas très très bien entre frère et sœur
Se chamailler pour un bonbon pas bon d’ailleurs.
Et pour prouver qu’il est méchant elle l’engloutit
Faisant mille grimaces qui font peur aux petits.
La paix revenue elle retourne à ses linges
En suçotant le pas bon bonbon comme un singe.
Les faces écarlates de coups et de honte
Mes deux éclopés font maintenant le décompte.
En gens du monde ils se remettent des morceaux :
Voilà pour la grosse un peu de robe et de peau,
Pour le petit, une main pleine de cheveux.
Il lui manque une dent… ça lui en fera deux.
****
dimanche 7 mars 2010
En réaction à la UNE de LA PRESSE de mardi le 2 mars 2010

Du poil à gratter
Nouvelle sensationnelle. Du poil à gratter qu’on va se passer partout dans le dos, dans le cou une bonne partie de la journée. Au bureau, au lunch, dans la rue on va tous s’indigner à qui mieux mieux avec ça.
Une nouvelle de pas grand chose pourtant. UN cas problématique sur 39000 ce n’est pas très signifiant d’un problème social. C’est même plutôt l’inverse. La grande nouvelle est que dans 38 999 cas il n’y a pas eu de problème, Bravo. Mais c’est sûr, jouée de cette façon ça devient un entrefilet dans le cahier B… on va y préférer un espace publicitaire.
Le danger, ou l’intérêt (?), c’est l’exacerbation. Qui aura ou prendra le temps de digérer cette « nouvelle », la relativiser, y réfléchir, se préparer à la commenter de façon éclairée? Ça prend sûrement quelques heures de réflexions. Un coup le café avalé avec la manchette on n’a plus le temps. On part travailler. On passera la journée (la semaine peut-être) à se gratter le cou avec ça. Comme une charpie qu’on ne prend pas le temps d’enlever. On reste ébloui par le flash, on ne distingue rien. Et c’est l’idée même de la manchette : créer un effet, une photo de tout nus, un accident spectaculaire, un choc quelconque, un bruit tonitruant dans notre quotidien. Voilà la bombe. Arrangez-vous avec ça.
Le DÉRAISONNABLE. Bon Dieu, il n’y a pas que la religion des autres pour ça. Tous les jours, dans les cours municipales, il y a des histoires pires de comportements déraisonnables de quérulents bien blancs et catholiques.
Mais là c’est pas pareil vous allez me dire, ici on parle de choc communautaire, du débat sur la laïcité des institutions, d’un problème social qui prend de l’ampleur partout dans le monde, en France notamment, des vues diamétralement opposées qui menacent les libertés, les institutions, etc.
Oui, oui, j’ai tout compris ça. Je suis au courant. On en a fait une Commission. J’ai compris l’article : ça parle d’un cas extrême, épineux, dans le flou de nos principes directeurs nécessitant l’intervention du ministre. Ça dit que rien n’est réglé, patate chaude, embarras, et patati et patata. Sujet intéressant appelant à la poursuite de la réflexion. Je suis bien d’accord, on devrait tous y réfléchir, aller à la bibliothèque et s’instruire des essais, publications, études sur le sujet, suite à cet article. Tiens, pourquoi pas aujourd’hui après l’ouvrage. On s’y donne rendez-vous ?
Pourtant, j’ai le sentiment qu’on va en rester là. Une manchette, c’est tout. Pour nous préoccuper l’esprit. Un effet pour nous camper dans une position et nous suggérer l’humeur du jour. Ça fait du bien à tout le monde, au journal et au lecteur. Pourtant avec ce qui se passe au Chili il y a de quoi remplir la première page. Et l’Haïti, c’est pas fini. Ou alors un petit retour sur nos médaillés olympiques. Ou encore tiens, une publicité L’Évènement bat son plein chez Brault et Martineau. N’importe quoi, mais le gros titre (dans mon journal préféré) d’un fait divers très marginal, même chez les musulmans, c’est du sensationnalisme mercantile. Ça m’arrache le cœur de le dire (mon journal préféré) mais c’est un peu jaune.
Je vous en prie, lecteurs, n’allez pas vous gratter au sang avec ça. Il y a aussi autre chose à débattre : Les Canadiens feront-ils les Séries ?
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dimanche 28 février 2010
JOUR DE BUANDERIE
Satire
Tableau II
Satire
Tableau II
C’est là un lieu public où la plèbe fourmille
Venant y laver son linge sale en famille.
Le papa, la maman, les enfants, le chien même,
Y défilent bras chargés, contents, sans problème
Dans ce fief de Germaines, la gent lavandière,
Qui, savon en main, plantées en front de bandière
Devant leur machine s’activent, frottent, détachent,
Manches retroussées, courant sus aux fortes taches.
Celle-ci, penchée sur son lot, la tête hérissée
De deux cents bigoudis aux cheveux bien vissés,
S’emploie à plier en petits paquets carrés
Des serviettes aussi laides que bigarrées
Ces deux-là lancent en l’air, comme pour couvrir un lit,
Une couverture que, bout à bout, ensuite plient.
Cette autre-ci, courbée, voilà qu’elle déboule
En poursuivant au sol une monnaie qui roule.
Tout près, sur mon banc, trois nouvelles connaissances
S’échangent toute leur vie, ce, depuis leur naissance ;
Chacune y allant de franches banalités
Sur leur pauvre sort, la dure réalité.
Elles placotent et caquettent comme des poules,
S’exhibent cicatrices, verrues et ampoules.
Mais à ma droite : autre banc, autre langage !
Deux dames, marquises de ruelles, s’engagent
À me tordre l’esprit de leurs propos aigus
En rendant les phrases pompeuses et ambigües.
Elles se cherchent en tout une certaine élégance
S’émeuvent, se pâment, se flagornent à outrance.
Le cou dressé, pinçant le bec comme deux oies
S’effleurent la main quelquefois du bout des doigts,
Initiant l’autre à un secret des plus prisés
Qui lui tire un cri ou un rire diésé.
De ce méchant portrait, vite bornons le cours
Je veux de cette scène épicer mon discours :
Deux mégères, l’œil en coin, convoitaient une sécheuse
Qui bientôt serait libre et ferait une chanceuse.
Avant même que l’autre eût fini de tout vider,
Pour prendre possession, eurent la même idée ;
Et l’on vit des vêtements voler des deux parts
Atterrir dans la cuve en guise d’étendard.
S’injuriant et voulant remporter l’avantage,
Linge après linge ainsi lancèrent tout leur lavage.
De l’engin chacune s’octroyait la conquête
Et sommait l’adversaire de battre en retraite.
Se mirant, face à face, les poings sur les hanches ;
On crut, un moment, assister à une manche.
Une gaupe intervint, mais en en appuyant une,
Se fit dire par une autre qu’elle était importune.
Une autre encore s’en mêla, puis une autre aussi,
À la fin deux clans rivaux se formèrent ainsi
Transformant cette laverie en pétaudière
Et dans un marasme la plongeant toute entière.
Pendant que la rage leur découvrait les dents
Le tenancier, homme sage mais peu prudent,
Vint au centre d’elles, comme jadis Salomon,
Refroidir les esprits de ses bouillants sermons.
« Ô pécores, dit-il (on voyait qu’il parlait bien),
Entre-t-il tant de haine en vos maternels seins ?
Puissent-ils à la fois nourrir bébés et serpents ?
Calmez vos transports, je vous prie, au plus coupant.
Il vous sied mal, femelles, ce ton disgracieux,
Pensez à vos enfants ! Cachez vous de leurs yeux.
Sur ces faibles esprits les exemples font loi.
Et ceux que vous offrez sont fort mauvais, ma foi !
Car enfin, mesdames, mes sœurs, mais pensez donc
Que dans toute bataille on ne s’arrange onc.
Même gagnant on perd gros, sauf peut-être l’orgueil
Qui de la raison trop souvent arrache l’œil.
Voyez donc dans vos luttes lavandièricides
L’impertinence fâcheuse qu’elles décident :
Pour gagner minute sur l’autre, petites gens,
Vous perdez votre temps et je perds mon argent. »
Cette brève mais cinglante admonestation
Fit l’effet d’une certaine accommodation ;
D’un commun accord, elles convinrent sur un point
L’entrer dans la cuve avec le linge à coups d’poing.
Or, voyant en quel péril il s’était conduit,
Il proposa, in extremis, un tour gratuit.
Ce qui mit fin à la querelle des féroces ;
Un séchage commun, gratuit, et sans négoce.
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dimanche 21 février 2010
JOUR DE BUANDERIE
Satire
Tableau I
Satire
Tableau I
Funestes cent fois ces jours où, dru dans la crasse,
De cent mille maladies tout mon linge me menace,
Et ne servant plus qu’à me couvrir d’opprobre
Me conduit en ces lieux nous venger des microbes.
Ma conscience, pourtant si aisée à distraire,
Souffre mal cette loi mais ne peut s’y soustraire.
Aussi donc une fois semaine je me hasarde
À la buanderie pour y laver mes hardes
Mais quelle porcherie ! Un véritable égout.
On y verrait des rats, s’ils n’en avaient dégoût.
Parole ! Mes amis seront là pour le dire,
Même chez moi, avant, ce ne fut jamais pire.
Car il y eut un temps, oui c’est vrai, je l’avoue,
Ce n’était pas trop propre, ni trop sain chez nous.
Quelques araignées, fourmis et autres vermines
Y trouvaient gîte, franches lippées, concubines.
Le désordre propice à tant d’écartements
Me faisait tout perdre, même un appartement.
Mais en locataire de mansarde averti
À l’austère hygiène je me suis converti.
Maintenant c’est rangé, tout est net et tout brille.
Mes chambreurs sont partis, on y trouve une aiguille !
Mais, ici, tout est noir ; on blanchit mais en vain.
Jamais on ne se lave sans salir le bain.
Pendant que les taches se mesurent aux enzymes,
Que le linge fouetté par l’eau secoue les machines,
Aux rebords du couvercle se gonfle une broue
De savon mêlé de crasse, et qui peu ou prou
Sur le plancher, lentement mais salement, glisse
En laissant sur les parois de longues coulisses.
Par terre, la lavure en rigoles serpente
Se verse dans la flaque au plus creux de la pente.
Les tuiles déteintes, rongées par l’érosion,
Se décollent par morceaux ou se fendent en lésion.
Des nuées de boucane s’étirent dans l’air humide
Où montent des vapeurs et des odeurs fétides.
Dès qu’un sac se dénoue, d’abord comme un ressort,
Avant même le linge sale le remugle en sort
Et part se conjuguer à la transpiration.
Tous verdissent dans la pièce de ces émanations.
Sauf un aveugle enrhumé se détendrait, mais
Il lui faut regretter de n’entendre jamais.
Ça jacasse, ça pète, ça pleure et ça claque.
Murs, fenêtres, machines vibrent, craquent.
Bang ! Bang ! Encore bang ! Et bang encore ! Je prie.
Je me mâche les doigts pour avorter un cri.
Une grosse, à grands fracas, obstinée et brutale,
S’enrage à mal fermer un couvercle en métal.
À tout ça, se mêlant aux sourds vrombissements,
Comme des milliers d’échos venant incessamment,
On ouï des bonn’femmes les cris, les ordres aigus,
Les jurons et les orages de coups de pied au cul.
L’enfant brutalisé autant que les engins
Au désespoir inlassablement cille et geint.
On voit des mères dans un débordement pareil
Tirer de chaque côté, un panier, une oreille.
Dans ces endroits désolants que n’ai-je pas vu ?
Que de têtes déplorables ont troublé ma vue !
Que de bruit, que d’agitations m’ont tourmenté !
Que de mères se sont plaintes et d’enfants lamentés !
Tant de remous m’agitent qu’enfin pour m’en défaire
Oyez et voyez ce tableau que j’en vais faire.
****
dimanche 7 février 2010
Une nouvelle année…et une nouveauté !
En plus de cette chronique dominicale, maintenant je vous propose tous les premiers dimanches du mois une « émission radio » sur un blogue audio. Il s’agit de lectures de textes (de ce Salmigondis, essentiellement) agrémentées de chansons qu’on n’a pas l’occasion d’entendre à la radio. Les miennes, bien sûr, mais aussi celles de mes camarades. Je vous invite à aller immédiatement écouter cette première émission (février 2010) au lien suivant : http://audioblog.arteradio.com/radio-cigale/
Vous pourrez écouter l’émission tout en lisant les textes sur ce blogue. Par exemple le premier texte c’est : Végétarien ? Non, mais…, la dernière publication de l’année passée (27 décembre 2009). Les autres vous les retrouverez dans les archives.
Et tant qu’à être dans les annonces, dimanche prochain, en plus de lire, entendre, vous pourrez même voir l’énergumène qui vous parle puisqu’il sera sur scène à L’APP’ART à Trois-Rivières pour y présenter son spectacle : Où sont rendus nos dimanches ?
Voilà. Je ne peux pas m’offrir plus autrement que de vous laisser toucher mon corps. Ce qui n’arrivera pas. Y a toujours ben des limites à la vanité.
C’est assez pour les messages. La semaine prochaine on revient aux publications normales.
Re-bienvenue.
En plus de cette chronique dominicale, maintenant je vous propose tous les premiers dimanches du mois une « émission radio » sur un blogue audio. Il s’agit de lectures de textes (de ce Salmigondis, essentiellement) agrémentées de chansons qu’on n’a pas l’occasion d’entendre à la radio. Les miennes, bien sûr, mais aussi celles de mes camarades. Je vous invite à aller immédiatement écouter cette première émission (février 2010) au lien suivant : http://audioblog.arteradio.com/radio-cigale/
Vous pourrez écouter l’émission tout en lisant les textes sur ce blogue. Par exemple le premier texte c’est : Végétarien ? Non, mais…, la dernière publication de l’année passée (27 décembre 2009). Les autres vous les retrouverez dans les archives.
Et tant qu’à être dans les annonces, dimanche prochain, en plus de lire, entendre, vous pourrez même voir l’énergumène qui vous parle puisqu’il sera sur scène à L’APP’ART à Trois-Rivières pour y présenter son spectacle : Où sont rendus nos dimanches ?
Voilà. Je ne peux pas m’offrir plus autrement que de vous laisser toucher mon corps. Ce qui n’arrivera pas. Y a toujours ben des limites à la vanité.
C’est assez pour les messages. La semaine prochaine on revient aux publications normales.
Re-bienvenue.
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L'APP'ART, 45 rue St-Antoine, Trois-Rivières (centre-ville). Réservation: (819) 379-6442

dimanche 27 décembre 2009
Dernier dimanche de 2009. Je vous laisse sur mon dernier tourment de l’année.
Prochaine publication en février 2010.

Végétarien ? Non, mais...
Végétarien ? Non. Mais ça me tente. Ah oui, amis végétariens, je ne suis pas loin de penser comme vous; on n’est pas des primitifs, des brutes, on respecte la bête. Pauvres animaux. Pas question de manger de viande, m’a dit Chose, sauf le poisson. Comment, sauf le poisson ? Paraît que ce n’est pas un animal comme un autre : ça ne vit pas dans le même environnement que nous, c’a pas de pattes, pas d’oreilles, pas de poil, ça vit dans le fond de l’eau, c’est presque des martiens.
Non, non, moi, monsieur, ce sera la totale. Pas de poisson, non plus. J’en ai vu mourir dans ma chaloupe, et ça m’a semblé une agonie d’un être bien vivant, possiblement un membre d’une famille maintenant en deuil. Non, non, pas de poisson non plus. Que des légumes. De délicieux brocolis servis en sauce aux épinards sur une chicorée de patente à gosses. Miam ! Miam ! Végétarien ? Ça me tente. Mais je n’aime pas les légumes. Alors ce sera les céréales. Le matin, le midi, le soir. Je ne serai
plus un prédateur, allez-en paix jolis animaux.
Des vaches, c’est végétariens ça? Oui. Des renards, non. Le beau chaton non plus. Merde. La moitié de la planète est en danger. La moitié de la planète est carnivore. Qu’est-ce qu’on fait ?
Tant pis, j’agirai selon ma conscience. Ils se boufferont entre eux, moi je ne participe pas. Tout ce temps, j’aurai élevé ce beau canard, et c’est le loup, le renard, le lièvre (!) ,qui le mangera en magret, en confit, en torchon, ou poêlé sauce porto ? Non, non, non, non, ça n’a pas de bons sens ça. J’ai un Sauternes millésimé sous la main, pas question d’ouvrir ça avec une salade aux patates.
Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Déjà, je suis conscient, déjà que j’ai l’intention, c’est déjà bon, non ? Je me rapproche, je me rapproche. Je n’ai peut-être pas à me convertir tout d’un coup. On peut y aller graduellement. Je peux commencer par éliminer le cheval, le castor, le bison, l’anguille, l’escargot. Je peux me choisir des jours maigres, les vendredis par exemple. Je peux limiter mes portions. Fini, les hamburgers doubles.
Je peux jouer les croyants, ces gens qui ne doutent pas de l’existence de Dieu, mais ne s’en embarrassent à peu près jamais dans leur vie. Adapter le concept selon les circonstances, c’est ça le truc. Genre : TU NE TUERAS POINT sauf quand c’est un assassin, quand c’est la guerre, quand c’est pour te défendre... Alors pourquoi pas moi : JE NE MANGERAI POINT DE VIANDE, sauf si elle est sur la table, dans la tourtière de ma tante ou en spécial à l’épicerie. Le mal est fait, pourquoi s’en interdire ? Même qu’il me paraîtrait peut-être plus respectueux pour la bête de la manger (toute en prière) plutôt que de la laisser en charogne.
En tout cas, c’est presqu’en cachette que je serai végétarien. Le contraire, je pense, de certains. Je n’en ferai pas une religion, ni la morale aux autres. J’en entendais un, l’autre jour, chercher à nous culpabiliser en suggérant de préciser sur les menus : Steak de bœuf MORT, darnes de saumon MORT, cuisse de poulet MORT… Mort ! J’espère bien, mon vieux, on est carnivore, pas des barbares. Et ta laitue ? Elle pousse encore quand tu la manges ?
Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Pauvres animaux, pauvre de moi. Ou alors, et c’est mon idée ultime, je me fais éleveur. Je me lie d’amitié avec mes volailles. Des petits cannetons que je fais courir dans ma cour; les appelle à tour de rôle pour qu’ils viennent se gaver un peu, je les flatte tout en leur racontant l’histoire du petit vilain canard. Je les protège des prédateurs leur vie durant. Je les nomme dès leur naissance, les divertis et les engraisse. À la fin de leur vie, je les bénis, les pleure un peu et les enterre dans la marmite. Qu’y aurait-il de mal, là-dedans ? Je ne les tue pas… mais un accident est si vite arrivé. Surtout quand on est un peu gras et qu’on s’aventure vers la coutellerie. Enfin, je vais penser à tout ça.

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Prochaine publication en février 2010.

Végétarien ? Non, mais...
Végétarien ? Non. Mais ça me tente. Ah oui, amis végétariens, je ne suis pas loin de penser comme vous; on n’est pas des primitifs, des brutes, on respecte la bête. Pauvres animaux. Pas question de manger de viande, m’a dit Chose, sauf le poisson. Comment, sauf le poisson ? Paraît que ce n’est pas un animal comme un autre : ça ne vit pas dans le même environnement que nous, c’a pas de pattes, pas d’oreilles, pas de poil, ça vit dans le fond de l’eau, c’est presque des martiens.
Non, non, moi, monsieur, ce sera la totale. Pas de poisson, non plus. J’en ai vu mourir dans ma chaloupe, et ça m’a semblé une agonie d’un être bien vivant, possiblement un membre d’une famille maintenant en deuil. Non, non, pas de poisson non plus. Que des légumes. De délicieux brocolis servis en sauce aux épinards sur une chicorée de patente à gosses. Miam ! Miam ! Végétarien ? Ça me tente. Mais je n’aime pas les légumes. Alors ce sera les céréales. Le matin, le midi, le soir. Je ne serai
plus un prédateur, allez-en paix jolis animaux.Des vaches, c’est végétariens ça? Oui. Des renards, non. Le beau chaton non plus. Merde. La moitié de la planète est en danger. La moitié de la planète est carnivore. Qu’est-ce qu’on fait ?
Tant pis, j’agirai selon ma conscience. Ils se boufferont entre eux, moi je ne participe pas. Tout ce temps, j’aurai élevé ce beau canard, et c’est le loup, le renard, le lièvre (!) ,qui le mangera en magret, en confit, en torchon, ou poêlé sauce porto ? Non, non, non, non, ça n’a pas de bons sens ça. J’ai un Sauternes millésimé sous la main, pas question d’ouvrir ça avec une salade aux patates.
Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Déjà, je suis conscient, déjà que j’ai l’intention, c’est déjà bon, non ? Je me rapproche, je me rapproche. Je n’ai peut-être pas à me convertir tout d’un coup. On peut y aller graduellement. Je peux commencer par éliminer le cheval, le castor, le bison, l’anguille, l’escargot. Je peux me choisir des jours maigres, les vendredis par exemple. Je peux limiter mes portions. Fini, les hamburgers doubles.
Je peux jouer les croyants, ces gens qui ne doutent pas de l’existence de Dieu, mais ne s’en embarrassent à peu près jamais dans leur vie. Adapter le concept selon les circonstances, c’est ça le truc. Genre : TU NE TUERAS POINT sauf quand c’est un assassin, quand c’est la guerre, quand c’est pour te défendre... Alors pourquoi pas moi : JE NE MANGERAI POINT DE VIANDE, sauf si elle est sur la table, dans la tourtière de ma tante ou en spécial à l’épicerie. Le mal est fait, pourquoi s’en interdire ? Même qu’il me paraîtrait peut-être plus respectueux pour la bête de la manger (toute en prière) plutôt que de la laisser en charogne.
En tout cas, c’est presqu’en cachette que je serai végétarien. Le contraire, je pense, de certains. Je n’en ferai pas une religion, ni la morale aux autres. J’en entendais un, l’autre jour, chercher à nous culpabiliser en suggérant de préciser sur les menus : Steak de bœuf MORT, darnes de saumon MORT, cuisse de poulet MORT… Mort ! J’espère bien, mon vieux, on est carnivore, pas des barbares. Et ta laitue ? Elle pousse encore quand tu la manges ?
Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ? Pauvres animaux, pauvre de moi. Ou alors, et c’est mon idée ultime, je me fais éleveur. Je me lie d’amitié avec mes volailles. Des petits cannetons que je fais courir dans ma cour; les appelle à tour de rôle pour qu’ils viennent se gaver un peu, je les flatte tout en leur racontant l’histoire du petit vilain canard. Je les protège des prédateurs leur vie durant. Je les nomme dès leur naissance, les divertis et les engraisse. À la fin de leur vie, je les bénis, les pleure un peu et les enterre dans la marmite. Qu’y aurait-il de mal, là-dedans ? Je ne les tue pas… mais un accident est si vite arrivé. Surtout quand on est un peu gras et qu’on s’aventure vers la coutellerie. Enfin, je vais penser à tout ça.

Et la dinde dans le frigo que mon insouciante chérie a achetée ? Eh bien, on la mange. Qu’elle ne soit pas morte pour rien, voilà c’est ma prière. On passe les Fêtes et après je prends des résolutions. Végétarien? Non, pas encore, mais ça me tente. Peut-être l’an prochain…
Bonne Année !
Et paix sur la terre aux animaux de bonne volonté !

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dimanche 20 décembre 2009
Noël de mon enfance, ou rien.
Tout évolue. C’est normal, on améliore nos conditions de travail et de vie. On développe de nouvelles technologies et on s’y adapte. À ce point que, parfois, on ne sait plus trop lequel est au service de l’autre. Nos mœurs naturellement suivent cette évolution. On cherche à devenir aussi efficace, performant, productif que la machine. C’est tout le temps la bousculade dans un monde désespérément adulte.
Tout doit changer, d’accord, sauf la tradition. Par définition, la tradition ne doit pas changer. Quand on la modifie, on la perd. On peut bien vouloir en créer d’autres, mais si on y parvient, ce sera pour les prochaines générations. Dans la transition nous aurons perdu la nôtre, un égarement de plus dans ce gigantesque tourbillon.
On ne s’en rend peut-être pas compte, mais on s’attriste de plus en plus. Le RENDEMENT prend trop de place. J’ai un peu le cœur triste ce Noël-ci. Je termine la décennie avec un grand effort pour refaire le sapin de mon enfance, envoyer les (peut-être dernières) cartes de Noël à ma famille et mes amis. Mais déjà je suis d’un autre âge; les vœux s’envoient par Internet, je sais bien. C’est économique, efficace et vite fait. Mais je n’en ai aucun plaisir. Vos vœux sont pâles, je ne les vois plus. Ils disparaissent avec le lot des messages, il n’en reste rien sur ma cheminée. Les sapins n’ont plus aucune personnalité. On les achète ficelés; quand on les rouvre, rendu à la maison, aucune surprise, ils sont tous bien fournis, bien symétriques, bien secs. Comme les courriels, c’est commercialement efficace et vite fait.
À 56 ans (oh, en écrivant mon âge, je réalise qu’il est vieux, je ne m’en étais pas aperçu), je me démène encore pour sauver mon cœur d’enfant. La bataille parfois est dure. Très dure. Peut-être que je ne me suis pas assez adapté ? Je résiste trop. Peut-être. Mais je ne vois pas chez les adaptés beaucoup d’émerveillement. Ils se préparent à passer cette période d’une humeur mi-figue, mi-raisin.
J’ose dire ceci : la tradition a pour raison de conserver le passé, conserver ainsi l’enfance, et si ça se trouve, conserver le bonheur. Je propose de conserver la tradition. S’efforcer de perpétuer une tradition, c’est paradoxalement amener quelque chose de nouveau dans notre quotidien. Ça fait changement ! Ça nous ramène à d’autres valeurs, toujours plus simples et plus ferventes. L’esprit commercial l’a compris, évidemment, il nous en beurre épais d’une ambiance « traditionnelle » superficielle et mercantile. Mais ce n’est pas de ça dont je parle. Je parle d’éviter toute modernité défigurant le souvenir.
Tout évolue. C’est normal, on améliore nos conditions de travail et de vie. On développe de nouvelles technologies et on s’y adapte. À ce point que, parfois, on ne sait plus trop lequel est au service de l’autre. Nos mœurs naturellement suivent cette évolution. On cherche à devenir aussi efficace, performant, productif que la machine. C’est tout le temps la bousculade dans un monde désespérément adulte.
Tout doit changer, d’accord, sauf la tradition. Par définition, la tradition ne doit pas changer. Quand on la modifie, on la perd. On peut bien vouloir en créer d’autres, mais si on y parvient, ce sera pour les prochaines générations. Dans la transition nous aurons perdu la nôtre, un égarement de plus dans ce gigantesque tourbillon.
On ne s’en rend peut-être pas compte, mais on s’attriste de plus en plus. Le RENDEMENT prend trop de place. J’ai un peu le cœur triste ce Noël-ci. Je termine la décennie avec un grand effort pour refaire le sapin de mon enfance, envoyer les (peut-être dernières) cartes de Noël à ma famille et mes amis. Mais déjà je suis d’un autre âge; les vœux s’envoient par Internet, je sais bien. C’est économique, efficace et vite fait. Mais je n’en ai aucun plaisir. Vos vœux sont pâles, je ne les vois plus. Ils disparaissent avec le lot des messages, il n’en reste rien sur ma cheminée. Les sapins n’ont plus aucune personnalité. On les achète ficelés; quand on les rouvre, rendu à la maison, aucune surprise, ils sont tous bien fournis, bien symétriques, bien secs. Comme les courriels, c’est commercialement efficace et vite fait.
À 56 ans (oh, en écrivant mon âge, je réalise qu’il est vieux, je ne m’en étais pas aperçu), je me démène encore pour sauver mon cœur d’enfant. La bataille parfois est dure. Très dure. Peut-être que je ne me suis pas assez adapté ? Je résiste trop. Peut-être. Mais je ne vois pas chez les adaptés beaucoup d’émerveillement. Ils se préparent à passer cette période d’une humeur mi-figue, mi-raisin.
J’ose dire ceci : la tradition a pour raison de conserver le passé, conserver ainsi l’enfance, et si ça se trouve, conserver le bonheur. Je propose de conserver la tradition. S’efforcer de perpétuer une tradition, c’est paradoxalement amener quelque chose de nouveau dans notre quotidien. Ça fait changement ! Ça nous ramène à d’autres valeurs, toujours plus simples et plus ferventes. L’esprit commercial l’a compris, évidemment, il nous en beurre épais d’une ambiance « traditionnelle » superficielle et mercantile. Mais ce n’est pas de ça dont je parle. Je parle d’éviter toute modernité défigurant le souvenir.
Quiconque a eu une enfance heureuse aime revoir ses joies d’enfant. Laissez-moi, s’il vous plaît, être démodé, archaïque, passéiste juste le temps des Fêtes. Juste le temps de retrouver mon petit cœur qui battait comme un fou dans la magie de cette période. Dès décembre, tout mon univers se transformait soudainement. Un sapin, pensez-y, un arbre ! apparaissait dans le salon. La maison prenait des allures étranges aux couleurs vives et joyeuses. La fébrilité était palpable chez les adultes - les privations avaient excité tant de désirs. Et c’était comme ça partout : dans les rues, chez les matantes, à l’école, aux magasins. Des airs qu’on n’entendait jamais durant l’année étaient soudainement des hits qui jouaient partout. Le monde était envahi par des lutins. Si, si. La planète entière avait déménagé.
Ne me dites pas que vous avez oublié ? Ne me dites pas que vous avez renoncé à tout ça? Noël revient à chaque année. C’est toujours près de nous. Voyons donc.
Mais cette idée aussi de vouloir moderniser la chose ! Vos sapins blancs, art-déco ne m’ont pas l’air joyeux. Je les vois obèses, artificiels, guindés en chemise, cravate. Votre table très Di-Stasio, toute Ricardo ne me rappelle rien de mon enfance. Votre musique de Noël, en nouveauté de vos artistes préférés, n’a pas la profondeur des classiques de mon enfance. Vos cadeaux ressemblent trop à toutes ces publicités que j’ai vues depuis des mois.
Laissez-moi être un peu traditionnel. Je veux revoir mes photos, comme elles étaient, non remastérisées. Surtout pas modifiées. Attention, mon cœur s’y trouve, n’y touchez pas. Et puis, je ne veux absolument pas avoir raison. Pensez ce que vous voulez. Là-dessus, je vous laisse, mon sapin m’appelle. Qu’est-ce qu’il va bien me raconter cette fois-ci, le fou?
Ne me dites pas que vous avez oublié ? Ne me dites pas que vous avez renoncé à tout ça? Noël revient à chaque année. C’est toujours près de nous. Voyons donc.
Mais cette idée aussi de vouloir moderniser la chose ! Vos sapins blancs, art-déco ne m’ont pas l’air joyeux. Je les vois obèses, artificiels, guindés en chemise, cravate. Votre table très Di-Stasio, toute Ricardo ne me rappelle rien de mon enfance. Votre musique de Noël, en nouveauté de vos artistes préférés, n’a pas la profondeur des classiques de mon enfance. Vos cadeaux ressemblent trop à toutes ces publicités que j’ai vues depuis des mois.
Laissez-moi être un peu traditionnel. Je veux revoir mes photos, comme elles étaient, non remastérisées. Surtout pas modifiées. Attention, mon cœur s’y trouve, n’y touchez pas. Et puis, je ne veux absolument pas avoir raison. Pensez ce que vous voulez. Là-dessus, je vous laisse, mon sapin m’appelle. Qu’est-ce qu’il va bien me raconter cette fois-ci, le fou?
JOYEUX NOËL !
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dimanche 13 décembre 2009
Phrases échappées (lors de conversations)
D’abord, précisons : je crois être athée, un peu bouddhiste, sans doute chrétien et résolument sans religion. Ça devrait faire de moi une assez bonne personne.
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Je ne crois en rien. Vivre, me suffit et me convient.
Je ne suis fier de rien. Aimer, me suffit et me convient.
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Oui, je suis peut-être un mécréant, mais quand quelqu’un me lance :
« Je crois en Dieu », je lui sers la main chaleureusement et lui dis : « Toutes mes félicitations ! »
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Je ne suis pas d’accord avec Descartes. Il est plus juste de dire : « Je ne pense pas… donc je suis ».
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90% de mes justifications, c’est pour ne pas arriver tout de suite à l’évidence.
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TRISKAIDÉKAPHOBIE.
(J’avais le goût de dire ça. Très payant au scrabble)
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Dans le fond, quand je fais la morale, je m’adresse à tous ceux qui pensent comme moi pour leur dire qu’on est souvent dans le champ. Quand je pointe la lune, arrêtez de me regarder le doigt.
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Quand j’écris, je ne suis jamais seul. J’ai l’impression d’assister à une réflexion. Ça me surprend toujours un peu. Il m’arrive même de ne pas publier certains écrits, tout simplement parce que je ne suis pas d’accord.
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Je veux bien ne pas me prendre pour le Sauveur, mais c’est vous qui me mettez en christ !
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Il y a deux sortes de gens : ceux qui disent « commençons par être riches et après on essaiera d’être heureux », et ceux qui disent « commençons par être heureux et après on essaiera d’être riches ». Je suis de cette dernière catégorie. Mais ça commence à être long…
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Comment me définir ? Mon âme est souvent triste pendant que mon esprit s’amuse toujours. Le poète en moi a envie de mourir constamment, heureusement le philosophe le divertit.
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Au début j’étais tout feu, tout flamme. Mais à la fin j’étais brûlé.
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En vieillissant, j’ai un cerveau lent dans la tête, mais un cerf-volant dans le cœur. Ça compense.
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À la mort : « Je croyais qu’on quittait le monde, mais je constate qu’on part avec ».
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Voilà. Vous en savez un peu sur moi. Excusez-la !
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D’abord, précisons : je crois être athée, un peu bouddhiste, sans doute chrétien et résolument sans religion. Ça devrait faire de moi une assez bonne personne.
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Je ne crois en rien. Vivre, me suffit et me convient.
Je ne suis fier de rien. Aimer, me suffit et me convient.
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Oui, je suis peut-être un mécréant, mais quand quelqu’un me lance :
« Je crois en Dieu », je lui sers la main chaleureusement et lui dis : « Toutes mes félicitations ! »
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Je ne suis pas d’accord avec Descartes. Il est plus juste de dire : « Je ne pense pas… donc je suis ».
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90% de mes justifications, c’est pour ne pas arriver tout de suite à l’évidence.
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TRISKAIDÉKAPHOBIE.
(J’avais le goût de dire ça. Très payant au scrabble)
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Dans le fond, quand je fais la morale, je m’adresse à tous ceux qui pensent comme moi pour leur dire qu’on est souvent dans le champ. Quand je pointe la lune, arrêtez de me regarder le doigt.
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Quand j’écris, je ne suis jamais seul. J’ai l’impression d’assister à une réflexion. Ça me surprend toujours un peu. Il m’arrive même de ne pas publier certains écrits, tout simplement parce que je ne suis pas d’accord.
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Je veux bien ne pas me prendre pour le Sauveur, mais c’est vous qui me mettez en christ !
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Il y a deux sortes de gens : ceux qui disent « commençons par être riches et après on essaiera d’être heureux », et ceux qui disent « commençons par être heureux et après on essaiera d’être riches ». Je suis de cette dernière catégorie. Mais ça commence à être long…
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Comment me définir ? Mon âme est souvent triste pendant que mon esprit s’amuse toujours. Le poète en moi a envie de mourir constamment, heureusement le philosophe le divertit.
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Au début j’étais tout feu, tout flamme. Mais à la fin j’étais brûlé.
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En vieillissant, j’ai un cerveau lent dans la tête, mais un cerf-volant dans le cœur. Ça compense.
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À la mort : « Je croyais qu’on quittait le monde, mais je constate qu’on part avec ».
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Voilà. Vous en savez un peu sur moi. Excusez-la !
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