dimanche 14 février 2016
dimanche 7 septembre 2014
dimanche 7 mars 2010
En réaction à la UNE de LA PRESSE de mardi le 2 mars 2010

Du poil à gratter
Nouvelle sensationnelle. Du poil à gratter qu’on va se passer partout dans le dos, dans le cou une bonne partie de la journée. Au bureau, au lunch, dans la rue on va tous s’indigner à qui mieux mieux avec ça.
Une nouvelle de pas grand chose pourtant. UN cas problématique sur 39000 ce n’est pas très signifiant d’un problème social. C’est même plutôt l’inverse. La grande nouvelle est que dans 38 999 cas il n’y a pas eu de problème, Bravo. Mais c’est sûr, jouée de cette façon ça devient un entrefilet dans le cahier B… on va y préférer un espace publicitaire.
Le danger, ou l’intérêt (?), c’est l’exacerbation. Qui aura ou prendra le temps de digérer cette « nouvelle », la relativiser, y réfléchir, se préparer à la commenter de façon éclairée? Ça prend sûrement quelques heures de réflexions. Un coup le café avalé avec la manchette on n’a plus le temps. On part travailler. On passera la journée (la semaine peut-être) à se gratter le cou avec ça. Comme une charpie qu’on ne prend pas le temps d’enlever. On reste ébloui par le flash, on ne distingue rien. Et c’est l’idée même de la manchette : créer un effet, une photo de tout nus, un accident spectaculaire, un choc quelconque, un bruit tonitruant dans notre quotidien. Voilà la bombe. Arrangez-vous avec ça.
Le DÉRAISONNABLE. Bon Dieu, il n’y a pas que la religion des autres pour ça. Tous les jours, dans les cours municipales, il y a des histoires pires de comportements déraisonnables de quérulents bien blancs et catholiques.
Mais là c’est pas pareil vous allez me dire, ici on parle de choc communautaire, du débat sur la laïcité des institutions, d’un problème social qui prend de l’ampleur partout dans le monde, en France notamment, des vues diamétralement opposées qui menacent les libertés, les institutions, etc.
Oui, oui, j’ai tout compris ça. Je suis au courant. On en a fait une Commission. J’ai compris l’article : ça parle d’un cas extrême, épineux, dans le flou de nos principes directeurs nécessitant l’intervention du ministre. Ça dit que rien n’est réglé, patate chaude, embarras, et patati et patata. Sujet intéressant appelant à la poursuite de la réflexion. Je suis bien d’accord, on devrait tous y réfléchir, aller à la bibliothèque et s’instruire des essais, publications, études sur le sujet, suite à cet article. Tiens, pourquoi pas aujourd’hui après l’ouvrage. On s’y donne rendez-vous ?
Pourtant, j’ai le sentiment qu’on va en rester là. Une manchette, c’est tout. Pour nous préoccuper l’esprit. Un effet pour nous camper dans une position et nous suggérer l’humeur du jour. Ça fait du bien à tout le monde, au journal et au lecteur. Pourtant avec ce qui se passe au Chili il y a de quoi remplir la première page. Et l’Haïti, c’est pas fini. Ou alors un petit retour sur nos médaillés olympiques. Ou encore tiens, une publicité L’Évènement bat son plein chez Brault et Martineau. N’importe quoi, mais le gros titre (dans mon journal préféré) d’un fait divers très marginal, même chez les musulmans, c’est du sensationnalisme mercantile. Ça m’arrache le cœur de le dire (mon journal préféré) mais c’est un peu jaune.
Je vous en prie, lecteurs, n’allez pas vous gratter au sang avec ça. Il y a aussi autre chose à débattre : Les Canadiens feront-ils les Séries ?
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dimanche 1 novembre 2009
Laissez-nous, je vous prie, notre .08
Après avoir convenu scientifiquement qu’en deçà de .08 d’alcoolémie, c’est correct de conduire (nous avons encore suffisamment nos facultés), comment peut-on décider d’embêter quand même le citoyen à partir de 0.05 (pour le moment) ?
Sortez-moi un seul cas où un accident a été causé par l’effet de l’alcool à un taux aussi bas. Regardez-moi dans les yeux, et jurez-moi qu’en abaissant ce taux à .05, il y aura moins d’accidents causés par une alcoolémie de .08. Ou encore dites-moi qu’il y aura moins d’irréductibles soûlons sur la route. Mais surtout, ne me parlez pas d’effet de dissuasion. Chacun sait que la « dissuasion » n’empêche pas le criminel, le récidiviste, l’irresponsable. Par contre, ça emmerde tous les autres qui n’en ont pas besoin. C’est un raisonnement complètement farfelu. C’est comme si, pour mettre fin à la vitesse excessive, on réduisait la limite de vitesse sur l’autoroute à 70 km/h ! Vous pensez que ça aurait un effet dissuasif sur les courses de chars ? « Viens, man, on se fait une course, mais pas le droit de dépasser 70… »
Voici, ce que je crois :
- Même s’il y a des lois, même s’il y a des règles, il n’y a pas moins d’irresponsables.
- Plus il y a des lois, plus il y a des règles, moins on est responsable. (Plus on contrôle un enfant dans ses agissements, moins on le laisse développer son jugement.)
Un mauvais conducteur (ils sont nombreux), distrait, malhabile, fatigué, stressé, enragé, imprévoyant, est plus dangereux à .00 qu’un conducteur moyen à .08. Voilà, ce que je crois.
Conduire soûl, c’est un comportement criminel. Pas de doute là-dessus. Interdiction stricte. Baliser à un taux de .08, très nettement en dessous de l’ivresse, semble faire un certain consensus. Bon, disons. Mais sanctionner sous ce taux, c’est nettement abusif, tartuffe, irréaliste. C’est une coercition excessive qui ne cause du tort qu’aux honnêtes citoyens. Et c’est peut-être vous, lobbyistes de malheur, qui serez les premiers en infraction.
Misère! Que le monde s’en vient plate et autrement dangereux.
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P.S. : Et puis oui, nous serions la seule province à laisser ça à .08. Nous qui cherchons tant à faire valoir notre unicité, acceptons d’être unique pour une fois.
dimanche 18 octobre 2009

Maudit, qu’on évolue vite
Croyez-moi, on va en sauver des sacs en papier (recyclables, d’une source renouvelable*), attends un peu. C’est probablement ce que se sont dits nos dirigeants à la SAQ. Ça s’est fait en deux jours. Le vendredi, t’avais ton petit sac en papier, gratuit, avec un beau sourire. Le lundi, bang! Fini. On a évolué tout d’un coup : plus de sac. Et avec un air bête. Même si tu es prêt à payer. La prise de conscience venait de frapper; et ça s’applique à tout le monde, client ou pas. On est maintenant écolo et civilisé; sacre-moi ton camp avec tes bouteilles dans les mains.
Trois questions :
1- Ils ont fait quoi de tout ce stock de sacs en papier derrière le
comptoir et dans les entrepôts ? Hum ?
2- On a droit aux boîtes de carton (c’est du gros papier, ça), si tout à
coup je ne recycle pas ? Hum ?
3- Les bouteilles vides, je fais quoi, avec ? Sont consignées,
j’espère? Non? Et, si tout à coup, je ne recycle pas ? Hum ?
… ben, christ, vos sacs en papier, je suis capable de les recycler aussi !
La SAQ, bon Dieu ! Quel drôle de commerce. Un monopole qui joue les Jean Coutu, qui crée des ventes, avec des circulaires annonçant les spéciaux du mois, des produits vedettes. Un monopole qui fait semblant d’avoir des concurrents. Faut le faire! Peuvent vendre le prix qu’ils veulent, les ont d’ailleurs allègrement gonflés de 15-20 %, dans le temps de le dire, pour nous les offrir de temps en temps en réduction de 10 %.
Faire des spéciaux quand tu es seul à vendre un produit (…de nécessité), ça se peut pas ! Oui, peut-être écouler (je dirais même liquider) un mauvais inventaire, mais offrir un rabais de 10% sur tout en magasin, quand le client doit s’expatrier pour trouver compétiteur !!!???
MAIS, ÇA MARCHE, nous diront-ils. Bien sûr que ça marche, bande de nœuds, pas parce qu’on est des poissons, parce qu’on est des OTAGES. Aïe, il la mange-tu la soupe, l’otage, après trois jours de jeûne; n’allez pas vous prendre pour un cordon bleu ! Quand on fait la queue pour faire le plein, c’est qu’aux prix réguliers, on ne sera pas là. Vous déplacez des ventes, c’est tout.
Et puis tout ça, annoncés à grands coups de circulaires, annonces, brochures, d’un luxe à en faire péter le prix des bouteilles…
MAIS, SONT BELLES, nous diront-ils.
Bon… Je vais tenter de le dire sans être vulgaire : vous avez un fondement, eh bien, dans ce fondement-là, il y a comme deux globes que vous pouvez écarter. Là, à l’intérieur, s’y trouve un orifice, eh bien, vos annonces luxueuses vous pouvez vous les rouler en rondins (faites-les gros), et quant à moi, toutes vous les y rentrer.
* Des arbres, ça pousse. C’est dans la nature même des choses. Une planification sur un horizon de 30-40 ans, c’est gérable, me semble. Pour une espèce adepte aux REER…
dimanche 11 octobre 2009

La mode
Ah, cette foutue idée d’être moderne. Il faut sonner moderne, avoir le son à la mode d’aujourd’hui. Que c’est ennuyant ! Tous ces modernes qui se reprennent l’un l’autre, s’imitent, se copient à l’infini. C’est la mode : c'est tout, sauf original. Un éteignoir à la création, une religion bête et étouffante menée par les intégristes que sont ces gens branchés. Ces gens-là ne sont pas libres, du fait qu’ils sont branchés, justement. Ce sont toujours les premiers suiveux qui sont devant mononcle, matante bien sûr, mais toujours en arrière des créateurs. Toujours dans l’imitation. Mais attention, pas d’un style ancien, juste nouveau. Ça paraît moins, j’imagine.
La mode ! Petit confort des sans esprits. Toutes les coiffures finissent toujours par revenir à la mode, ne vous découragez pas. C’est comme les cravates : un jour elles sont larges, puis minces, puis larges… bref, n’en jetez aucune, à moins qu’elle soit laide, parce qu’elle le sera toujours, mais sinon, attendez, elle finira bien par revenir à la mode. La terre est ronde, ne l’oublions pas; on finit toujours par repasser sur nos pas.
On n’a pas à être moderne, on a à être personnel. La création ne s’embête pas des procédés plus ou moins à la mode. Une sculpture sur bois est un procédé ancien, une femme nue (stylisée ou non) une représentation éculée, pourtant on en fait toujours des créations, parce que l’artiste y met sa touche personnelle. ET C’EST TOUT !
La mode ! Un mode bien commode, rassurant et regroupant. Un dénominateur commun, très commun. Ça permet de passer ce qui est mauvais, parce qu’autrement le temps ne le permettra pas. Le bon de toute façon passera, que ce soit la mode ou non, et le temps le retiendra.
Enfin, je me résume : pour moi, un mauvais son est un mauvais son, une facilité, une facilité, un coup de cœur, un coup de cœur, une bêtise, une bêtise, un chat, un chat. Mais la mode n’en distingue jamais rien. On s’en trouve presque toujours ridicule sur les photos une fois la mode passée. L’esprit (ou le bon goût) nous revient alors comme après un endoctrinement de guru. On se réveille, on revoit ça, et on n’en revient pas.
Le goût du jour est souvent douteux, puis il écœure à la longue. Heureusement qu’il est du jour. Alors si vous n’êtes pas de ce goût-là, ce n’est pas vraiment une mauvaise nouvelle; vous êtes un peu en avance, ou en retard, selon le groupe qui est passé ou repassera. La terre est ronde, je le répète : on finira bien par être rejoint. Il suffit d’attendre que ça passe. Comme la mode.
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dimanche 5 avril 2009

21 décembre 2012
La fin du monde… hâtez-vous.
Supplémentaire, nouvelle date. Après celles de l’an 1000, du 9 /9 /99, de l’an 2000, du 06, 06, 06… ne ratez pas celle du 21 décembre 2012. Après il sera trop tard.
Cette fois c’est la bonne, nous assure-t-on. Cette fois tout converge, pas seulement Quebecor, tout : de Merlin à Sibylle au I CHING en passant par la Bible et plus récemment par un nouveau Super Supra programme informatique appelé Projet WEB BOT. Tout et tous corroborent la même date qui est exactement celle où prend fin le Calendrier Maya. Cibole, qu’est-ce que vous voulez de plus ?
L’informatique ça ne trompe pas. Ce fameux programme WEB BOT analyse toutes les données possibles sur le web, regroupe toutes les âneries qui reviennent le plus souvent et crée une sorte de palmarès de l’imaginaire collectif qui assure que Dieu existe, les martiens aussi, les Américains sont les plus forts ou que les Canadiens ne feront pas les Séries… Tout y est compilé scientifiquement. Quand on le consulte après l’évènement on se rend bien compte que c’était clairement prévisible : le grand tsunami de Noël 2004, la crise économique mondiale actuelle, les Évènements du 11 septembre 2001, le Bug de l’an 2000.
Grâce à Web Bot, ce fameux bug on l’a vu venir, avant. Vous vous souvenez de la panique générale annoncée : tout devait « jammer », les ordinateurs, les avions, les montres. Les missiles nucléaires devaient décoller sans faire exprès et tomber sur le Liban et la Palestine… Enfin plein de choses comme ça, parce qu’on se disait, wow, l’an 2000, c’est tout un chiffre rond, les ordinateurs vont capoter en voyant ça. Même les astres n’en seront pas indifférents. Quelque chose va se produire, c’est sûr. Et effectivement, on a rapporté plusieurs toasters qui ce matin-là ne fonctionnaient pas.
C’est loin d’être fou ce qu’on dit, et encore on nous dit pas tout, mais on n’est pas des fous. Hitler, Elvis; ça fait longtemps qui sont pas morts.
Mais c’est correct, il ne faut pas tout dire. Surtout en ce qui concerne la Fin du monde. Présentement, je suis un peu déçu, certains ont décidé de consulter les oracles avant les prochains évènements. Ce n’est pas correct. À cause d’eux maintenant on sait la fin. On sait la Fin du monde. Et sans trop vouloir vous dévoiler la fin je vous dirai seulement que ca n’a pas l’air d’un happy end pantoute. Tous les oracles de tous les temps, sans ne s’être jamais consultés en font une description identique. C’est bien la preuve. Ils prédisent tous que ça se fera dans le chaos, le feu et le sang. Pas du tout dans la joie et l’amour, comme certains auraient pu le croire.
De plus les scientifiques vous confirmeront qu’à cette date du 21 décembre 2012, la position des planètes sera telle qu’elle ne l’a jamais été depuis plus de … de… disons 28503 ans. Ça n’arrive pas souvent ça. Bien sûr, la position actuelle est aussi rare - le ciel se déplace de sorte qu’il est toujours rarement pareil - mais là ça va ressembler trop à une ligne droite, ou à un 69 cochon… en tout cas le Ciel n’acceptera pas ça. Bref, là là, le SYSTÈME va se dire : « on est rendu au boutte, on revire de bord ». Les pôles vont s’inverser, puis ça va breaker sec dans la nuit qui suivra le 20 12 2012. Pas de réveillon de Noël cette année-là.
Mais, vous allez me dire, c’est donc si sérieux que ça? Eh, oui. Mais ne devrait-on pas taire ces informations-là pour éviter la panique dans la population? Je suis bien d’accord. Mais que voulez-vous, c’est de la grosse nouvelle. Ça fera sûrement la Une. Surtout si Nathalie Simard est impliquée. Et comme il n’y aura personne pour lire les journaux le matin avec son café, alors faut jouer la nouvelle avant. Marketing ! Mais si on se trompe ? Alors ce sera une bonne nouvelle. On va tous se mettre à rire… comme après un chatouillement. Hi hi hi, grands fous ça a fait peur, hi hi hi !
……… Dieu, qu’on est des enfants ! Je crois qu’on est d’heureux imbéciles… qui ne veulent pas toujours être heureux, mais toujours imbéciles. Ma question : Est-ce le propre de l’homme, dans toute l’espèce animale, de ne jamais maturer ? Si la réponse est oui, je ne serai pas si malheureux, mais qu’au moins on s’amuse un peu !
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P.S. : Un jour je vais me mettre à pleurer.
dimanche 22 mars 2009
Un monde gentil mais bien commercial
Le boxing day - qui en passant devrait être représenté par des boîtes plutôt que des gants de boxe (!?) - n’a plus la subtilité de nous frapper le lendemain de Noël. Non, la vente d’après Noël on nous la passe avant, on ne prend pas de chance. C’est dans le journal du 24, aux Ailes de la mode, au Centre Hi-Fi, c’est parti mon kiki, toute la journée, c’est le méga solde d’après-Noël (sic). Ça, c’est du marketing. Bah, un jour avant, me direz-vous, c’est pas si pire, ouais, mais c’est comme ça qu’on va y arriver : un jour à la fois. Et bientôt on va pouvoir retourner nos cadeaux avant même de les offrir. Extraordinaire, non ?
Noël, c’est une grosse business ; jamais vu tant d’espace occupé par ces réclames en cahier A, le cahier des grosses nouvelles, des éditoriaux, des actualités, du Monde… où tiens, justement, il y a un article de misère intitulé JOURNÉE TROUBLE EN GUINÉE, juste au-dessus de la grosse nouvelle 70 % DE RABAIS super solde chez LaBaie. Ça, c’est du marketing. Plein de cadeaux, c’est Noël.
Si, si, regardez, tout est réduit (même la qualité) : DES AUBAINES / SUPER SOLDE / VENTE D’INVENTAIRE / FAUT LIQUIDER, l’entrepôt est bourré jusqu’au plafond. Vous en voulez un, il est même gratuit… à l’achat de douze.
« Pardon, monsieur le commerçant, ça fait cinq magasins que je fais : est-ce qu’il vous reste des poubelles, des grosses sur roulettes, des corps à vidange? » Non, ça on n’en a plus. Mais on a tout ce qu’il faut pour les remplir.
AUBAINES INCROYABLES / ÉCONOMISEZ / QUANTITÉ LIMITÉE, HÂTEZ-VOUS… Ça, c’est deux propositions sémantiques qui ne vont pas ensemble, économiquement parlant. On ne réduit pas le prix sur la rareté. Normalement on l’augmente. Les chambres d’hôtel ne sont pas à moitié prix l’été.
C’est tellement ÉNORME. Avez-vous déjà acheté (souvent des vêtements, toujours des matelas) avec des réductions de 50% et même 80% sur le prix régulier ? Et, forcément il reste une marge de profit. Avez-vous déjà imaginé la marge indécente de profit sans ça ? Heureusement pour nous, les prix sont toujours réduits. Il est même impossible d’acheter un matelas au prix régulier, à moins d’en avoir un deuxième gratuit, ou un lave-vaisselle, ou je ne sais quoi…
Mais qui veut-on leurrer ? Y-a-t-il tant d’enfants qui achètent des matelas ? Toutes les propositions commerciales sont enfantines. Sont gentilles, avenantes, prévenantes.
Et moi qui chante que le monde est dur… Non, le monde n’est pas dur. Il est gentil. Tellement gentil, toujours attentionné. Plein de sourires et de poignées de main vigoureuses… autour du comptoir. Les hommes, dès qu’ils ont une cravate au cou, ils civilisent : « Bonjour, ça va bien ? » Tu tires dessus un coup : « on veut vous faire économiser », tu tires encore un autre coup : « on est là pour vous, on a pensé à vous », tu tires même pas dessus, et ça marche tout seul : « Félicitations, vous avez gagné… Voulez-vous essayer, c’est gratuit… On est dans le coin, profitez des nos essais sans engagement… C’est gratuit… On vous le donne… On en a plein d’autres comme ça, qui nous ont coûtés une fortune et qu’on veut donner à tout le monde qu’on ne connaît pas ».
Pure gentillesse. Prodigalité. Altruisme. «Notre souci : votre bien-être ».
Rien d’autres ?
Attendez… non, pas vraiment.
Attendez, je lis la réclame : …patati, patata… vous ne payez rien pendant 2 ans … pas d’intérêt, même pas les taxes… on vous donne un cadeau en plus… on vous livre gratis… Non, je ne vois pas : ça me semble tout à fait caritatif. Répandre le bonheur autour de soi. Rendre les autres plus riches. Tiens, c’est bien marqué ici : Au service des gens… votre satisfaction nous tient à cœur. On vous en donne plus pour votre argent…
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On vit dans un monde merveilleux. Y’a plein de gens comme ça qui font du bénévolat. Tiens, les livreurs de pizza par exemple, souvent des jeunes qui donnent de leur temps. Oui, oui, lisez par vous-même : LIVRAISON GRATUITE. Pure bénévolat. Parfois je fais un don, discrètement. Mais tout le monde n’a pas autant de cœur. Souvent les riches (toujours les riches) abusent de cette humanité. Tellement, que beaucoup de restaurateurs, sensibles à la justice sociale, offrent une réduction de 10% si vous passez ramasser au comptoir. Tous des philanthropes. Pensez, s’engager à faire un don de10% afin de permettre un meilleur accès de ce service (gratuit, ne l’oublions pas) aux plus démunis.
Non, non, le monde n’est pas dur. Ou alors avec un centre mou. On n’est pas loin du cœur, mes amis. Pas loin du cœur. Et nous, pendant ce temps-là, que fait-on ? On chicane sur des riens. L’essence à $ 1.39.
Bah! $ 1.39, on a fini par s’y habituer. Mais là, $ 1.52, WÔ!
La panique, mon vieux, à chaque fois que ça monte de 10¢. Wôô, wôô, là les stations services sévissent : on barre les pompes. Pourquoi ? C’est rendu qu’on se fait voler, m’a répondu avec franchise un franchisé. Tiens, c’est justement ce que je pensais moi aussi. Dur coup pour l’humanité. On devient voleur passé $ 1.50. À $ 1.75, on va bien mettre le feu.
C’est comme ça, chaque fois que ça monte de 10¢ il y a un peu d’humanité qui se perd. La bousculade aux pompes : tout un branle-bas pour sauver quoi ? $ 7 - $ 8, qu’on va se dépêcher d’aller dépenser pour une poutine et un coke avant de souper ? La bousculade pour un plein d’essence qui va nous durer quelques jours. Après, pas le choix, on paiera le prix, calmement, très civilement en s’envoyant des « bonjour, comment ça va ». Ça m’étonne toujours ces réactions de mes semblables. C’est pas pour faire l’important, mais je me bats jamais en bas de $ 100. Question de principe.
Ah! Quel monde incroyablement commerçant : à la télé, dans les journaux, au téléphone, dans la rue… tout ce monde toujours après moi pour me commercer quelque chose. Dès qu’on me sourit je crains le pire. Pas normal, ça. Arrêtez de vous intéresser à moi que pour mon bien. J’n'en ai plus ! Par contre, moi aussi j’ai des causes à promouvoir. Tiens, pour vous encourager je vais l’acheter votre barre de chocolat, en échange, pouvez-vous m’acheter ces crayons que je vends ? Et votre chocolat je le garde pour le prochain qui aura un crayon à me vendre. Moi aussi j’ai un petit voyage à financer, une partie de soccer (ou de golf), une petite tombola, enfin plein de projets. Moi, aussi.
Mais j’ai bien peur que sans nos petits commerces on ne s’envoie plus la main... qu’on ne s’envoie que chier.![]()
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dimanche 20 juillet 2008
me demande la caissière
Si vous aviez seulement pris le temps de me regarder mademoiselle, vous auriez probablement dit : « Bonjour, ça va mal ? »
Pourquoi me questionner ? Je paie et je m’en vais. D’accord pour dire bonjour, mais la question est de trop, me semble. Le pire ce sont les questions à développement, genre « Bonjour, comment ça va ? » Là, pas le choix, faut jaser.*
Voir si je m’attendais à ça ; moi qui traverse la rue quand j’aperçois au loin une vague connaissance juste pour ne pas avoir à socialiser, quitter ma rêverie, puis là tout à coup voilà ma bulle pétée, mon espace envahie. Je sors de ma torpeur. Oui, quoi ? Pardon ? Excusez ? Plaît-il ?
Une question de médecin qui tombe comme ça, qui n’intéresse même pas celui qui la pose. Même pas une formule de politesse, car c’aurait été alors : Bonjour, comment allez-vous ? Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Non, une question à répondre, à une caisse express bondée. Par civisme pour les autres qui attendent je marmonne un bref grondement (faut bien répondre, je sais vivre quand même).
C’est tout de même extraordinaire, j’entre dans un commerce pour la première fois de ma vie et des gens qui ne me connaissent même pas s’enquièrent de ma santé. C’est sûrement pour donner un petit côté humain au commerce, une certaine chaleur fraternelle… mais qui comptera tous ses sous à la caisse, et 10 cents est déjà une épreuve à l’amitié. Content de m’être fait de nouvelles relations il m’arrive parfois d’y retourner avec mon petit paquet et la facture et souvent, comme Rutebeuf, je me questionne « Que sont mes amis devenus ? ».
Combien de fois m’arrive-t-il d’entrer discrètement dans une boutique, m’assurant que les commis soient tous déjà occupés avec des clients et que malgré tout, chaque fois, une voix surgisse pour me crier bonjour, ça va bien ?
J’en suis toujours médusé. Je cherche d’où vient cette voix, qui est derrière, sûrement un ami d’enfance, une vieille connaissance, une rencontre fortuite que j’imagine heureuse. Je réponds, qui est-ce ? Et c’est alors que je remarque au fond du magasin un commis qui, par trop de politesse, interrompt brusquement la conversation avec son client pour réagir en réflexe conditionné à tout possible visiteur.
Je le répète, c’est extraordinaire. On ne se connaît pas, on ne se regarde même pas (enfin moi), on est à distance, chacun occupé, lui avec son client, moi à me cacher, j’ai en plus bien en évidence ma face de beu… et on s’intéresse à savoir comment je vais ! C’est tout de suite l’amitié : on ne fait pas que me saluer, on se préoccupe que ça aille bien dans ma vie. Et ça ce n’est qu’une boutique. Je peux répéter des dizaines de fois en un seul après midi. Extraordinaire, non ? Je rentre chez moi en me disant « quand même, je ne suis pas n’importe qui. Combien de nouveaux amis je peux me faire, comme ça !». Une rock star.
Merde ! Je n’ai pas pris leur nom et numéro de téléphone. Ils vont s’inquiéter si je ne donne pas de nouvelles. J’y retourne.
Ahhhh, petits vendeux, je n’en demande pas tant (les grandes retrouvailles, l’amitié, et tout ça), juste un peu de respect, un bonjour poli, et, les meilleurs jours, un visage accueillant. C’est tout.
Et je serai probablement bon client. Peut-être même un jour un ami, qui sait ? Mais faudra se fréquenter quand même un peu avant.
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* Je sais vous allez me dire, tu n’as qu’à répondre bien. Répondre mal est inconvenant. Répondre autre chose, faut expliquer et on n’a pas le temps. Donc la réponse doit être invariablement bien. C’est la réponse attendue. Mais si vous savez la réponse, pourquoi vous me posez la question, sacrament ? Moi aussi je peux être poli, tiens par exemple : Allez donc manger de la marde, s’il vous plaît.
dimanche 6 juillet 2008
Fumeurs et parfumeurs (même combat !)
L’homo-désagréabilus est inextirpable dans la société. On croit s’en débarrasser en lui interdisant de fumer, il nous arrive parfumé !
Est-ce une nouvelle tendance ? Troisième sortie au restaurant gâchée cette année : du jamais vu (senti) ! Ne pointez pas les vieilles matantes; ce sont des jeunes, des gars en plus en deux occasions, que j’ai pris en fragrant délit. La prochaine fois j’exige une section non-parfumeur.
On en vient à regretter les fumeurs qui, eux au moins, pouvaient diriger leur fumée ou éteindre le temps qu’on mange. Mais le parfumé lui, comme une nouvelle bactérie résistante, trouve toujours moyen d’émaner en effluves continues, incessantes sur 360 o dans un rayon de 5 mètres à la ronde. Son parfum on le mange en entrée, on le goûte au dessert, on le boit rouge ou blanc. Putois ! Un sconse dans la section.
Mais quel est donc ce foutu besoin de faire sentir tant sa présence ? Déjà qu’on vous voit et entend trop. La prochaine fois tiens, j’enlève mes souliers. Moi aussi je peux sentir. Moi aussi j’exhale, attendez que j’enlève mes bas !
Et pourquoi toujours ce même foutu parfum acide d’épices orientales mêlées à l’essence de bergamote de patente à gosse ? Certains en sont tellement imbibés qu’ils ont avantage à se tenir loin de toutes sources de chaleur.
C’est quoi l’idée ? Prenez le temps de vous laver. Changez- vous. Ou, à tout le moins essayez d’autres saveurs, je sais pas moi, fraise, banane, barbecue,… Essayez la citronnelle tiens ! J’ai justement un briquet.
Après un environnement sans fumée, luttons pour un environnement sans parfumés.
dimanche 22 juin 2008
Cachez ces cigarettes que je ne saurais voir.
Tartufe et tartuferies que tout ça. Ça valait bien la peine d’y mettre tant de faces laides et d’images écœurantes sur les paquets pour finalement les cacher dans des tiroirs, pour l’instant, non verrouillés.
Réglé, pour la vue. Il reste maintenant le mot : cigarette. Il ne faudrait plus le prononcer à voix haute. Faudra maintenant le chuchoter au commis : "Cigarette, s.v.p. "
Mais la transaction faite, que fait-on après ? Que dit la loi ? Je cache immédiatement mon paquet sous le manteau ? Je dois quitter sans délai le magasin ? Imaginons seulement qu’un enfant (dont le parent au comptoir en train de s’acheter une grosse bière, une revue porno et une mini-loto) soit exposé à la vue de cette chose, risque-t-on d’être arrêté pour attentat à la pudeur ? Qu’est-ce que je fais avec le paquet ? Je le mets dans un sac brun, dans la valise, et je me sauve à la campagne, vu que je ne peux même pas fumer dans mon appartement ? Et, imaginons que je le sors dans un parc, plutôt discrètement, mais que, soudain, quelqu’un passe… serais-je poursuivi pour grossière indécence ?
Parlons-nous toujours de cigarettes ou de crimes contre l’humanité ?
Ce n’est pas bon pour la santé, d’accord. Mais l’obésité non plus, ni la sédentarité, le stress, les sports extrêmes, l’excès d’alcool,... Ce n’est pas agréable pour les autres d’accord. Mais la plupart des fumeurs maintenant savent vivre (plus que beaucoup de non-fumeurs).
On ne devrait pas fumer, super d’accord. Continuons la sensibilisation, j’embarque. Et ça marche. Mais arrêtons la fatwa contre les fumeurs ; un peu d’humanité envers nos concitoyens, S.V.P. Il y a aussi le sujet des armes de destruction massive, la crise alimentaire dans le monde, les guerres sales, le terrorisme pour se chagriner et se mobiliser. Gardons-nous un peu de mauvaise humeur pour ça.
On ne devrait pas fumer, super hyper d’accord. Mais est-ce oui ou non légal ? Après avoir dit caca, pas beau, pas bon… arrivons-en au fait : illégal, pas immoral, ILLÉGAL. Fini. Point à la ligne. On s’empoisonnera avec autres choses : le plomb, les algues bleues, le mercure, les gras trans, la vache folle, les OGM, le smog, l’aspartame, etc. Mais la cigarette, finie. Tant pis si nos taxes augmentent. Tant pis si les coûts de la Santé éclatent (les taxes sur le tabac rapportent plus du double des coûts en soins que le tabagisme cause).
ILLÉGAL, POINT FINAL. Ce sera le pot qui au moins a des vertus thérapeutiques.

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dimanche 15 juin 2008
Le sac en plastique
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Aujourd’hui, publication d’une nouvelle série d'articles sous le libellé :
La chronique du plomb sauté

(Des textes un peu méchants, parce qu’un peu fatigué!)
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Le commis : vous voulez un sac ? Bien sûr que j’en veux un. Ou je peux faire cinq voyages aussi… Papier ou plastique ? Plastique. La femme derrière moi, sur un ton de reproche: il existe aussi des sacs réutilisables, c’est moins polluant pour l’environnement. Je suis en vélo moi, madame. C’est à vous cette grosse voiture ? Vous habitez loin d’ici ? Avez-vous vraiment besoin d’une mini-van pour traîner ce sac réutilisable ? Hein, ma belle grosse madame ?
Puis-je avoir mon sac en plastique ? Qu’est-ce qui vous dit que je vais le jeter ce sac ? Je les collectionne. J’en fais des œuvres d’art que vous allez peut-être m’acheter un jour. Je les empile. Avez-vous une idée de ce que représentent en volume mille sacs en plastique bien pliés? C’est moins que votre sac à main en simili-machin de soie de taffetas, mauvaise imitation de je ne sais quoi, dont vous bourrez les poubelles et qui mettra bien mille ans à se désintégrer. (Il a d’ailleurs déjà commencé). Et puis mon petit sac sert à ramasser les déchets : les miens, mais aussi ceux des autres souvent. Tiens, cette sacoche justement rentrerait bien.
Au commis : Puis-je avoir mon petit sac ? C'est pour le remplir de tout ce que vous voulez tant me vendre ici, choses pour la plupart superflues qui ont pollué la planète pour se rendre et finiront en montagne de déchets.
Puis-je avoir mon petit sac pour les transporter ? Ça nous serait bien utile, et ça masquera un peu vos suremballages en plastique de produits bon marché.
Puis-je l’avoir mon petit sac ? J’en ferai bon usage.
...Ah! Puis j’oubliais, je m’en sers aussi pour y jeter des restes humains.

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Épilogue : Les sacs réutilisables, c’est une très bonne idée. Faut juste pas se cacher la tête dedans. Exemple, cet écriteau à la porte d’un COSTCO :
Pensez vert…
Apportez vos sacs !!!
Il serait plus indiqué, selon moi, de suggérer plutôt ceci :
Pensez vert…
N’achetez que le nécessaire !!!
Ce serait préférable. Surtout pour la rime.

