dimanche 18 octobre 2009

Encore un petit plomb (un restant de fiel collé depuis un an environ), et puis la semaine prochaine, un mot gentil, pour changer. Promis.


Maudit, qu’on évolue vite


Croyez-moi, on va en sauver des sacs en papier (recyclables, d’une source renouvelable*), attends un peu. C’est probablement ce que se sont dits nos dirigeants à la SAQ. Ça s’est fait en deux jours. Le vendredi, t’avais ton petit sac en papier, gratuit, avec un beau sourire. Le lundi, bang! Fini. On a évolué tout d’un coup : plus de sac. Et avec un air bête. Même si tu es prêt à payer. La prise de conscience venait de frapper; et ça s’applique à tout le monde, client ou pas. On est maintenant écolo et civilisé; sacre-moi ton camp avec tes bouteilles dans les mains.

Trois questions :

1- Ils ont fait quoi de tout ce stock de sacs en papier derrière le
comptoir et dans les entrepôts ? Hum ?
2- On a droit aux boîtes de carton (c’est du gros papier, ça), si tout à
coup je ne recycle pas ? Hum ?
3- Les bouteilles vides, je fais quoi, avec ? Sont consignées,
j’espère? Non? Et, si tout à coup, je ne recycle pas ? Hum ?

… ben, christ, vos sacs en papier, je suis capable de les recycler aussi !



La SAQ, bon Dieu ! Quel drôle de commerce. Un monopole qui joue les Jean Coutu, qui crée des ventes, avec des circulaires annonçant les spéciaux du mois, des produits vedettes. Un monopole qui fait semblant d’avoir des concurrents. Faut le faire! Peuvent vendre le prix qu’ils veulent, les ont d’ailleurs allègrement gonflés de 15-20 %, dans le temps de le dire, pour nous les offrir de temps en temps en réduction de 10 %.

Faire des spéciaux quand tu es seul à vendre un produit (…de nécessité), ça se peut pas ! Oui, peut-être écouler (je dirais même liquider) un mauvais inventaire, mais offrir un rabais de 10% sur tout en magasin, quand le client doit s’expatrier pour trouver compétiteur !!!???

MAIS, ÇA MARCHE, nous diront-ils. Bien sûr que ça marche, bande de nœuds, pas parce qu’on est des poissons, parce qu’on est des OTAGES. Aïe, il la mange-tu la soupe, l’otage, après trois jours de jeûne; n’allez pas vous prendre pour un cordon bleu ! Quand on fait la queue pour faire le plein, c’est qu’aux prix réguliers, on ne sera pas là. Vous déplacez des ventes, c’est tout.

Et puis tout ça, annoncés à grands coups de circulaires, annonces, brochures, d’un luxe à en faire péter le prix des bouteilles…

MAIS, SONT BELLES, nous diront-ils.
Bon… Je vais tenter de le dire sans être vulgaire : vous avez un fondement, eh bien, dans ce fondement-là, il y a comme deux globes que vous pouvez écarter. Là, à l’intérieur, s’y trouve un orifice, eh bien, vos annonces luxueuses vous pouvez vous les rouler en rondins (faites-les gros), et quant à moi, toutes vous les y rentrer.

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* Des arbres, ça pousse. C’est dans la nature même des choses. Une planification sur un horizon de 30-40 ans, c’est gérable, me semble. Pour une espèce adepte aux REER…

dimanche 11 octobre 2009

Tiens, voilà un nouveau plomb à sauter. Un bien petit plomb.




La mode


Ah, cette foutue idée d’être moderne. Il faut sonner moderne, avoir le son à la mode d’aujourd’hui. Que c’est ennuyant ! Tous ces modernes qui se reprennent l’un l’autre, s’imitent, se copient à l’infini. C’est la mode : c'est tout, sauf original. Un éteignoir à la création, une religion bête et étouffante menée par les intégristes que sont ces gens branchés. Ces gens-là ne sont pas libres, du fait qu’ils sont branchés, justement. Ce sont toujours les premiers suiveux qui sont devant mononcle, matante bien sûr, mais toujours en arrière des créateurs. Toujours dans l’imitation. Mais attention, pas d’un style ancien, juste nouveau. Ça paraît moins, j’imagine.

La mode ! Petit confort des sans esprits. Toutes les coiffures finissent toujours par revenir à la mode, ne vous découragez pas. C’est comme les cravates : un jour elles sont larges, puis minces, puis larges… bref, n’en jetez aucune, à moins qu’elle soit laide, parce qu’elle le sera toujours, mais sinon, attendez, elle finira bien par revenir à la mode. La terre est ronde, ne l’oublions pas; on finit toujours par repasser sur nos pas.

On n’a pas à être moderne, on a à être personnel. La création ne s’embête pas des procédés plus ou moins à la mode. Une sculpture sur bois est un procédé ancien, une femme nue (stylisée ou non) une représentation éculée, pourtant on en fait toujours des créations, parce que l’artiste y met sa touche personnelle. ET C’EST TOUT !

La mode ! Un mode bien commode, rassurant et regroupant. Un dénominateur commun, très commun. Ça permet de passer ce qui est mauvais, parce qu’autrement le temps ne le permettra pas. Le bon de toute façon passera, que ce soit la mode ou non, et le temps le retiendra.

Enfin, je me résume : pour moi, un mauvais son est un mauvais son, une facilité, une facilité, un coup de cœur, un coup de cœur, une bêtise, une bêtise, un chat, un chat. Mais la mode n’en distingue jamais rien. On s’en trouve presque toujours ridicule sur les photos une fois la mode passée. L’esprit (ou le bon goût) nous revient alors comme après un endoctrinement de guru. On se réveille, on revoit ça, et on n’en revient pas.

Le goût du jour est souvent douteux, puis il écœure à la longue. Heureusement qu’il est du jour. Alors si vous n’êtes pas de ce goût-là, ce n’est pas vraiment une mauvaise nouvelle; vous êtes un peu en avance, ou en retard, selon le groupe qui est passé ou repassera. La terre est ronde, je le répète : on finira bien par être rejoint. Il suffit d’attendre que ça passe. Comme la mode.



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dimanche 4 octobre 2009

Paradoxes (et autres contrariétés)




Un con ne peut pas savoir qu’il est con, sinon il ne l’est pas.
Imaginez mon angoisse.

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La religion, la belle affaire : un code de vie moral, pour pas que ça dégénère entre nous, pour pas qu’on s’entretue, pour voir la lumière, vivre dans un monde meilleur… La religion, c’est bien elle la grande responsable de l’aveuglement,
du sectarisme, et des pires tueries.

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L’amour, le beau sentiment : la plus égocentrique appropriation de l’autre
pouvant nous mener à la déprime, au meurtre ou au suicide.

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La bonne volonté, qui ne viendra que de ceux qui l’ont déjà, et restera toujours étrangère à qui on la souhaite. C’est comme offrir un portefeuille à qui n’a pas d’argent. Le mieux qu’il fera c’est de le vendre.

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L’ivrogne qui boit pour oublier son état, l’obèse qui mange ses émotions.
Ça tourne en rond, mes amis, ça tourne en rond.

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Une vie qu’il faut pour apprendre à vivre. Une mort qu’on craint tant,
et que l’on ne réalisera pourtant jamais.

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L’Éternité pour l’Homme, mais avec un début …
Ceux qui sont nés avant nous, l’auront eu plus longue. C’est injuste.

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L’athée, toujours aussi obsédé par l’existence de Dieu. Croire ne pas croire.

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La liberté qui nous oblige à tant de concessions.

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Il n’y a pas plus déplaisant que celui qui veut plaire à tout prix.
Pathétique.

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La modestie, sans doute la plus grande des vertus.
Faudrait la claironner.

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Le savant, qui a toujours l’impression d’être ignorant,
et l’ignorant, de tout savoir.

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La remontrance, si purgative pour qui la fait,
si accablante pour qui la reçoit.

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L’insomnie, qui n’arrive qu’à ceux qui s’endorment le plus.

… et que tant de paradoxes tiennent éveillés…


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dimanche 27 septembre 2009

DE RETOUR

L’été est mort. Vive l’automne. Reprise du cours normal de la vie. Je vous propose comme première chronique, une lettre à mes nouveaux camarades que je me suis faits durant mon séjour « en colonie de vacances » dans le cadre du volet JAMAIS TROP TARD du Festival de la chanson de Granby.



QUEL ÂGE AVIONS-NOUS?



Dream is over chantait Lennon, à la séparation des Beatles. C’est le même sentiment qui m’habite, mais la comparaison est peut-être exagérée. Moi, le solitaire, l’indépendant, le va à contre-courant, je m’ennuie déjà de gens que je ne connaissais pas il y a un mois. Je vous ai en photo, bien sûr, mais ce n’est pas suffisant, je vous veux tout près, vibrants. Quel âge avons-nous eu ? Quel rêve avons-nous fait ? Demain, je serai de nouveau seul, mais toujours heureux dans ma solitude, car elle sera de vous un peu plus peuplée (ce qui se dit très mal).


Nous avons partagé un manoir, une scène, un rêve. Quel âge avions-nous, donc? Qui étions-nous? Cousins, cousines, frères, sœurs ? Nous étions camarades d’armes, nous sommes allés au front, nous avons craint pour l’autre. Nous étions régiment de troubadours. Mission : transmettre notre art caché, le goût de dire, briser les stéréotypes, sauver les quinquagénaires (ou plus!). Mission accomplie.


Voici, mes photos: une table de fête tous les jours, un party de famille tous les soirs, un escalier tournant (c’est charmant), un couloir qui nous mène à l’art en pleine exécution, et tous ces apartés si nécessaires pour goûter l’ambiance, la guitare au cou, les harmonies de soirs à Brigham sur une ga-le-rie, une chienne sourde à nos pieds, de l’alcool dans nos veines, des chansons plein la tête, un feu de camp dans nos cœurs. Les entendez-vous, dans mes photos, ces rires, ces chants ? Sentez-vous le pain grillé sur le poêle, cette fraîcheur du soir, cet air doux dans les feuilles?



Quel âge avions-nous, mes amis? Quel âge faut-il avoir? Nous les avons tous : l’âge de l’innocence, de la camaraderie, de l’aventure, du rêve. L’âge de partir pour l’Afrique partager son savoir (salut, Claude). L’âge de produire un album (salut, Marc et Gilles). L’âge de faire sa place des Arts (salut, Carole). L’âge de raconter(salut, Ronald). L’âge de nous refaire monter sur scène (salut, Jean). L’âge de perdre et retrouver (salut, Joseph). L’âge de foncer (salut, Nicole). L’âge de charmer(salut Colette, Colombe). L’âge de toujours chanter et ne se coucher jamais (salut, Serge J.O.). L’âge de faire un bon show (salut, Yves). L’âge de transmettre (salut Robert, Claire). Et surtout l’âge de risquer (salut, Pierre).


Je reviens d’un voyage où j’ai vu de près la magie et la beauté.


Au revoir, mes amis.


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http://www.ficg.qc.ca/jamais.html

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dimanche 28 juin 2009


Carnage


Et il y avait du sang plein les murs
Et il y avait du sang plein l’azur
Que de sang et de chairs épandus
Toute cette viande perdue !

On ne tue pas
Ce qu’on ne mangera pas.



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Malheureusement c’est les vacances! Vous serez doublement orphelins : d’abord La Presse qui ne publie plus les dimanches, et puis cette chronique dominicale suspendue durant l’été. Sauf que moi, je reviens en septembre, la la lèreuu…

D’ici là je vous propose une relecture ou mieux encore une écoute, un blogue radio :
http://audioblog.arteradio.com/radio-cigale/

Vous y découvrirez toutes sortes de petites choses sonores. Parfois ça complètera. Exemple : ce petit poème ci-haut, vous pouvez l’entendre en chanson
sous : RUBRIQUES / Inédits



Bon été !

dimanche 21 juin 2009

Aujourd’hui, fête des Pères, je vous présente le mien. Il y aura bientôt six ans on le portait en terre. Voici l’hommage présenté.


Un homme heureux



J’ai connu un homme heureux,
un homme entier avec ses défauts et ses qualités.
Un homme simple qui aimait la vie,
et la vie aussi, je crois, l’a beaucoup aimé,
l’épargnant à tout le moins à de mauvais destins.
Elle en a fait, j’en suis témoin,
un homme heureux.
Un intrépide, fou ou courageux,
capable d’épuiser en une seule journée
deux anges gardiens des mieux formés.
En tout cas, il y avait quelque part
quelqu’un qui tenait à lui.
Ou c’était peut-être tout notre amour réuni.

Je vous parle d’un homme
avec une forte personnalité
qui prenait beaucoup de place,
parfois même dérangeant,
mais le plus souvent arrangeant.
Et jamais, jamais ennuyant.

J’ai connu un homme simple, sans chichi.
Sans grandes manières, mais jamais vulgaire.
Un homme de principes et de parole.
Un homme de bon jugement et de gros bon sens.
Mais surtout, j’ai connu un homme heureux.

Un homme heureux, donc sans histoire,
avec cent histoires pour nous faire rire.
Un homme simple pouvant se contenter
d’épouser que la plus belle femme du quartier.
Un homme sans compromis n’achetant, selon lui,
que les meilleurs produits...
et, étonnamment, toujours les moins chers !
Un homme fier et pas envieux
vu que déjà, lui,
il l’était irlandais !

Mais plus que tout ça,
j’ai connu un homme heureux.

Pour beaucoup réussir dans la vie
demande qu’on acquiert diplômes,
reconnaissances, titres et fortunes.
Pour plusieurs la valeur ou le mérite
se mesure de médailles et de gloire.
À chacun son modèle.
À toutes ces vies de gens riches et célèbres
moi j’envie d’abord celle d’un homme heureux.

On connaît un homme heureux quand il dit :
« Quand y en aura pu, y en aura d’autres »
quand il s’appelle « Joe Meilleur,
si ça fait pas ici, ça f’ra ailleurs »
quand il chante : « Pas de culottes !».

Un homme heureux, quand c’est votre père,
c’est un être immense !

C’était un homme heureux
vous pouvez vérifier.
Je vous laisse choisir au hasard :
un lundi matin d’octobre,
un mercredi soir de novembre,
chez lui, au travail, ou ailleurs,
et, à peu près, à toutes les périodes de sa vie;
je vous laisse choisir,
et je peux vous dire, sans regarder,
que vous le trouvez en train de s’amuser
ou de siffler en travaillant.
Même ici, en ce moment,
je soupçonne que c’est encore lui
le moins malheureux.

Papa, pour nous, tu viens de passer
dans une nouvelle dimension.
Comment c’est ? On sait pas.
Mais j’aime à penser que
s’il n’y a rien
au moins tu ne le sais pas.
Et que s’il y a quelque chose...
tu sais déjà
qu’on se retrouvera tous.

En attendant, je te salue
au nom du fils et du père
que je suis maintenant.
Amen !
****

dimanche 14 juin 2009

Cas de conscience


Oui ou merde, prendre conscience ? Oui ou merde, informer, éclairer, réfléchir, publier ?

Doit-on ? Peut-on ? Faut-il ? N’est-ce pas ? Comment ? Pour qui ? Pour quoi ? Plaît-il ? Pardon ? Hein ? Ho, hé, non mais ? Toutes ces questions parce que savoir, paraît-il, peut nuire au « bonheur » des ignorants, et qu’on a statué qu’être heureux, au final, est la quête ultime de tout. Bien difficile, en effet de snober un homme heureux et serein.

Mais SEREIN, voilà. Heureux sans être imbécile. Serein comme conscient tout en étant en paix. À part les oligophrènes, même les plus abrutis d’entre nous ont des prises de conscience, souffrent d’un manque de réflexions. Car la conscience c’est notre condition, comme la lumière l’est pour un voyant. Même dans la pénombre on distingue encore; on ne peut ignorer la présence des choses. Mieux vaut alors plus de lumière pour mieux voir, bien définir notre environnement et ainsi agir dans le meilleur sens.

La conscience, bien sûr, comme un spot de lumière, dérange possiblement. Un miroir aussi. Pas certain que ça nous rende plus heureux. C’est vrai, en tout cas, pour beaucoup qui préfèrent se bercer d’illusions. Mais bon, qu’est-ce qu’on fait ? On lui dit ? T’as un gros bouton sur le nez. Tu ne veux pas le voir, mais nous on le voit. Et il est énorme. Difficile pour nous de l’ignorer. Impossible pour toi de le faire disparaître si tu ne le vois pas. Ainsi les choses resteront toujours comme ça: toi voulant séduire, nous voulant fuir. Alors, vite un miroir, vite une prise de conscience. Ok, douleur, cris et larmes… mais après, sous la lumière, peut-être peut-on réparer ?

L’homme ne peut pas rester idiot, c’est son propre de réfléchir. L’animal pour être heureux n’a pas besoin de réfléchir, ni de rire d’ailleurs. L’humour est plutôt rare chez les animaux. Le chien sera heureux à gruger un os pendant des heures, peut-être pas vous. C’est sa condition. Mais devant une 52’’ plasma il dort. On ne peut pas, ne doit pas, avoir un tel appareil et ne mettre que le son. Ce n’est pas la condition de cet objet. On doit voir. Il faut allumer. La condition d’un voyant c’est de voir, celle d’un être pensant est de penser.

On ne peut pas s’abstraire à la conscience, à moins d’un coma. Ignorer ou nier la réalité nous épargne des angoisses et des déceptions, mais tôt ou tard ça nuit au bonheur ou à la tranquillité. Ce qu’on ne sait pas ne fait pas mal ,dit-on, mais j’aime bien ajouter... pour l’instant. Ce n’est pas une bonne idée d’ignorer un début d’incendie et de continuer le party.

Ne pas souffrir ce n’est pas être heureux. On est encore bien loin du bonheur; tous, drogués, alcooliques, fumeurs vous le diront. Leur prise de conscience fait mal. Le dénie du problème les soulage assurément, mais pourtant, tôt ou tard, la raison les amènera à faire un choix douloureux que la plupart prendront pour améliorer leur sort. Informations, réflexions, prises de conscience : c’est la Lumière. C’est ça qui les « sauvera ».

Chercher, réfléchir, s’informer, communiquer c’est participer à la lumière. C’est éclairer. Bien sûr qu’on peut se tromper, et presque à tout coup, mais l’exercice est salutaire. On peut se tromper de route, mais en regardant devant on roule sur la voie, on évite les arbres, bref on conduit. Il appartient à chacun de se conduire, sinon ce sont les autres qui nous conduisent. Et ce n’est pas nécessairement là où nous voulons aller.

Être heureux, déjà c’est une prise de conscience. D’ailleurs ceux qui fuient les prises de conscience, très souvent s’empêchent aussi celle-là. On ne réalise pas à quel point on est heureux maintenant (malgré tout ce qu’on croit nous manquer), on ne prend pas le temps de réfléchir. On laisse ça au miroir, qui lui au moins demande de la lumière.


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dimanche 7 juin 2009

Pas le temps


Depuis que je ne travaille plus je n’ai jamais été aussi occupé. J’ai enfin le temps de faire mille choses et, le fou, j’en fais mille. Alors je n’ai plus le temps de rien faire. Trop occupé. Ma liberté m’occupe à temps plein. Paradoxe des paradoxes.

Le travail libère l’homme, comme dit l’adage. Je le comprends bien maintenant. C’est comme au buffet chinois à volonté, je me fais toujours fourrer. Trois bols de soupe won ton et je suis bourré. Je remplis pourtant mon assiette de mille choses, mais je ne mange à peu près rien. Plus faim. Ça fait cher le bol de soupe.

Le travail libère l’homme parce qu’il l’encadre, l’occupe, l’oblige, le déculpabilise. En somme, l’assomme. Cette réflexion m’embête beaucoup; faudra que je prenne un jour le temps d’y réfléchir. La liberté est très accaparante : pour être libre faut être indépendant, pour être indépendant faut tout faire. C’est très astreignant. Cette pensée que l’homme se libère de sa condition de penseur en étant dans une routine mécanique me trouble un peu; faudra que je prenne un jour le temps d’y penser. Enwoye, mets-ça sur la pile des choses à faire. Quand j’aurai le temps, j’y reviendrai.

Un âne est-il libre ? Lequel des deux est le plus libre : le maître ou l’esclave ? Le maître ne sait rien faire, c’est l’esclave qui fait tout. Mais l’esclave n’est pas libre, et le maître ne le sera jamais, trop dépendant de son esclave… Enfin toutes questions que je n’ai pas le temps de répondre. On me dérange toujours quand je suis occupé. Normal ? Je ne sais pas. Je suis trop occupé je n’ai pas le temps, même pas le temps pour ce dont je suis occupé. Maudit paradoxe : moins j’ai du temps, plus je dois le prendre... Faut ralentir au plus vite, quand je prends mon temps au moins je ne le perds pas.

C’est ça que je veux vous dire, je n’aurai pas le temps de faire de chronique cette semaine, je suis trop occupé.


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dimanche 31 mai 2009

Où sont rendus nos dimanches ?
(Paroles et musique : Serge Timmons)


Ah ! Ces maudits lundis
Et tous ces jours en « di »
Comme une maladie
Qu’on traîne jusqu’au samedi
Ah ! Cette maudite journée
De travaux ménagers
Espèce de faux congé
Qui me fait enrager
Je me dis qu’au moins s’il pleut
J’pourrai m’étendre un peu
Jouer à mes petits jeux
Où je suis supérieur
Mais qu’il pleuve ou pleuve pas
Tout est prévu pour ça
Y a une liste en cas
De travaux intérieurs
Et passe la fin d’semaine
Comme deux samedis
Comme tous les jours d’la semaine
Et nous voilà lundi
Ah ! Ces maudits lundis…


Mais où sont rendus nos dimanches
Ces jours bénis, fériés
Ces jours de robe blanche
Et de beaux souliers cirés
On visitait les dimanches
Les parcs ou la parenté
C’était sacré nos dimanches
Repos pour l’humanité.


Je te préviens mon amour
Je reprends mes dimanches¸
Tu me trouveras dans la cour
Étendu sous les branches
Un livre à la main
À moitié endormi
Je t’enverrai la main
Amoureux insoumis


Je vous préviens commerçant
Je suis fermé les dimanches
C’est gratuit profitez-en
Pour prendre un peu de vacances
Vous seriez mieux à la pêche
Taquiner d’autres poissons
Déboucher une bière fraîche
Nous chanter d’autres chansons


Il y a mieux à faire
Qu’acheter vos affaires
Pour faire chier le beau-frère
Et plus savoir qu’en faire
Qu’à sacrer aux poubelles
Pour racheter de nouvelles
Qui sont encore plus belles
Pi qui sont en spéciales
On a la paye jeudi
Et une marge de crédit
On profite de la vie
Au centre commercial
Je sais bien que tout va
Quand l’économie va
Mais on ne mourra pas
D’un jour de sabbat
Sinon la fin d’semaine
C’est comme deux samedis
Comme tous les jours de la semaine
Et nous voilà lundi
Ah ! Ces maudits lundis…


Mais où sont rendus nos dimanches ?
Ces jours bénis, fériés
Ces jours de robe blanche
Et de beaux souliers cirés
On visitait les dimanches
Les parcs ou la parenté
C’était sacré nos dimanches
Repos pour l’humanité




Copyright © 2007 S. Timmons