dimanche 3 août 2008

Miss América



Mélusine
Sortie de l’usine
Plastique authentique
Visage et jambes
Et beaux états d’âme
Assortis
Moulée pathétique
Bakélite de gala
Et galalithe.

Derrière cette beauté
Plastifiée
Sous le fard
Criard
Et rococo
Mascarade
Et mascara
Y a-t-il une petite fille
en tresses
Se cache-t-il une âme
en détresse
Qui a eu peur de manquer d’amour
Qui a craint d’être laide
Et alors jamais, jamais aimée
Qu’y a-t-il derrière cet être embaumé

Avant un être humain
Maintenant un mannequin

dimanche 27 juillet 2008

Vacances obligent, cette semaine je laisse parler les autres.


Pensées des autres retenues


Apprendre sans réfléchir est du travail perdu.
Confucius

On a autant de peine et de mérite à se passer d’argent qu’à en gagner.
Jules Renard


Plus un homme est bête et moins l’existence lui semble mystérieuse.
Schopenhauer

La plus adroite façon de plaire est de demander conseil.
???

Il faut apprendre à vivre comme des frères ou périr comme des idiots.
M.L. King


Nous avons les idées arrêtées dès que nous cessons de réfléchir.
Ernest Renan


La critique la plus douce qu’on puisse faire de la religion est aussi la plus radicale et dévastatrice : la religion est une fabrication de l’Homme.
Christopher Hitchens

(Et ma préférée, la plus près de moi)

Du repos, des riens, de l’étude
Peu de livres, point d’ennuyeux
Un ami dans la solitude :
Voilà mon sort, il est heureux.

Voltaire.

dimanche 20 juillet 2008

Bonjour, ça va bien ?
me demande la caissière



Si vous aviez seulement pris le temps de me regarder mademoiselle, vous auriez probablement dit : « Bonjour, ça va mal ? »

Pourquoi me questionner ? Je paie et je m’en vais. D’accord pour dire bonjour, mais la question est de trop, me semble. Le pire ce sont les questions à développement, genre « Bonjour, comment ça va ? » Là, pas le choix, faut jaser.*
Voir si je m’attendais à ça ; moi qui traverse la rue quand j’aperçois au loin une vague connaissance juste pour ne pas avoir à socialiser, quitter ma rêverie, puis là tout à coup voilà ma bulle pétée, mon espace envahie. Je sors de ma torpeur. Oui, quoi ? Pardon ? Excusez ? Plaît-il ?
Une question de médecin qui tombe comme ça, qui n’intéresse même pas celui qui la pose. Même pas une formule de politesse, car c’aurait été alors : Bonjour, comment allez-vous ? Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Non, une question à répondre, à une caisse express bondée. Par civisme pour les autres qui attendent je marmonne un bref grondement (faut bien répondre, je sais vivre quand même).

C’est tout de même extraordinaire, j’entre dans un commerce pour la première fois de ma vie et des gens qui ne me connaissent même pas s’enquièrent de ma santé. C’est sûrement pour donner un petit côté humain au commerce, une certaine chaleur fraternelle… mais qui comptera tous ses sous à la caisse, et 10 cents est déjà une épreuve à l’amitié. Content de m’être fait de nouvelles relations il m’arrive parfois d’y retourner avec mon petit paquet et la facture et souvent, comme Rutebeuf, je me questionne « Que sont mes amis devenus ? ».

Combien de fois m’arrive-t-il d’entrer discrètement dans une boutique, m’assurant que les commis soient tous déjà occupés avec des clients et que malgré tout, chaque fois, une voix surgisse pour me crier bonjour, ça va bien ?

J’en suis toujours médusé. Je cherche d’où vient cette voix, qui est derrière, sûrement un ami d’enfance, une vieille connaissance, une rencontre fortuite que j’imagine heureuse. Je réponds, qui est-ce ? Et c’est alors que je remarque au fond du magasin un commis qui, par trop de politesse, interrompt brusquement la conversation avec son client pour réagir en réflexe conditionné à tout possible visiteur.

Je le répète, c’est extraordinaire. On ne se connaît pas, on ne se regarde même pas (enfin moi), on est à distance, chacun occupé, lui avec son client, moi à me cacher, j’ai en plus bien en évidence ma face de beu… et on s’intéresse à savoir comment je vais ! C’est tout de suite l’amitié : on ne fait pas que me saluer, on se préoccupe que ça aille bien dans ma vie. Et ça ce n’est qu’une boutique. Je peux répéter des dizaines de fois en un seul après midi. Extraordinaire, non ? Je rentre chez moi en me disant « quand même, je ne suis pas n’importe qui. Combien de nouveaux amis je peux me faire, comme ça !». Une rock star.
Merde ! Je n’ai pas pris leur nom et numéro de téléphone. Ils vont s’inquiéter si je ne donne pas de nouvelles. J’y retourne.



Ahhhh, petits vendeux, je n’en demande pas tant (les grandes retrouvailles, l’amitié, et tout ça), juste un peu de respect, un bonjour poli, et, les meilleurs jours, un visage accueillant. C’est tout.

Et je serai probablement bon client. Peut-être même un jour un ami, qui sait ? Mais faudra se fréquenter quand même un peu avant.


*****

* Je sais vous allez me dire, tu n’as qu’à répondre bien. Répondre mal est inconvenant. Répondre autre chose, faut expliquer et on n’a pas le temps. Donc la réponse doit être invariablement bien. C’est la réponse attendue. Mais si vous savez la réponse, pourquoi vous me posez la question, sacrament ? Moi aussi je peux être poli, tiens par exemple : Allez donc manger de la marde, s’il vous plaît.

dimanche 13 juillet 2008

Latte et Touille


« Le rat souris
et souris rat
tant et autant
que le chat,
Touille,
chatouille »,
se dit Latte,
la rate
à Touille.




Notes :

LA MI RÉ MI

FA DO DO

dimanche 6 juillet 2008

Allez, une autre et la semaine prochaine on se relaxe avec un poème.

Fumeurs et parfumeurs (même combat !)


L’homo-désagréabilus est inextirpable dans la société. On croit s’en débarrasser en lui interdisant de fumer, il nous arrive parfumé !

Est-ce une nouvelle tendance ? Troisième sortie au restaurant gâchée cette année : du jamais vu (senti) ! Ne pointez pas les vieilles matantes; ce sont des jeunes, des gars en plus en deux occasions, que j’ai pris en fragrant délit. La prochaine fois j’exige une section non-parfumeur.

On en vient à regretter les fumeurs qui, eux au moins, pouvaient diriger leur fumée ou éteindre le temps qu’on mange. Mais le parfumé lui, comme une nouvelle bactérie résistante, trouve toujours moyen d’émaner en effluves continues, incessantes sur 360 o dans un rayon de 5 mètres à la ronde. Son parfum on le mange en entrée, on le goûte au dessert, on le boit rouge ou blanc. Putois ! Un sconse dans la section.

Mais quel est donc ce foutu besoin de faire sentir tant sa présence ? Déjà qu’on vous voit et entend trop. La prochaine fois tiens, j’enlève mes souliers. Moi aussi je peux sentir. Moi aussi j’exhale, attendez que j’enlève mes bas !

Et pourquoi toujours ce même foutu parfum acide d’épices orientales mêlées à l’essence de bergamote de patente à gosse ? Certains en sont tellement imbibés qu’ils ont avantage à se tenir loin de toutes sources de chaleur.

C’est quoi l’idée ? Prenez le temps de vous laver. Changez- vous. Ou, à tout le moins essayez d’autres saveurs, je sais pas moi, fraise, banane, barbecue,… Essayez la citronnelle tiens ! J’ai justement un briquet.

Après un environnement sans fumée, luttons pour un environnement sans parfumés.

dimanche 22 juin 2008


Cachez ces cigarettes que je ne saurais voir.



Tartufe et tartuferies que tout ça. Ça valait bien la peine d’y mettre tant de faces laides et d’images écœurantes sur les paquets pour finalement les cacher dans des tiroirs, pour l’instant, non verrouillés.
Réglé, pour la vue. Il reste maintenant le mot : cigarette. Il ne faudrait plus le prononcer à voix haute. Faudra maintenant le chuchoter au commis : "Cigarette, s.v.p. "

Mais la transaction faite, que fait-on après ? Que dit la loi ? Je cache immédiatement mon paquet sous le manteau ? Je dois quitter sans délai le magasin ? Imaginons seulement qu’un enfant (dont le parent au comptoir en train de s’acheter une grosse bière, une revue porno et une mini-loto) soit exposé à la vue de cette chose, risque-t-on d’être arrêté pour attentat à la pudeur ? Qu’est-ce que je fais avec le paquet ? Je le mets dans un sac brun, dans la valise, et je me sauve à la campagne, vu que je ne peux même pas fumer dans mon appartement ? Et, imaginons que je le sors dans un parc, plutôt discrètement, mais que, soudain, quelqu’un passe… serais-je poursuivi pour grossière indécence ?

Parlons-nous toujours de cigarettes ou de crimes contre l’humanité ?

Ce n’est pas bon pour la santé, d’accord. Mais l’obésité non plus, ni la sédentarité, le stress, les sports extrêmes, l’excès d’alcool,... Ce n’est pas agréable pour les autres d’accord. Mais la plupart des fumeurs maintenant savent vivre (plus que beaucoup de non-fumeurs).

On ne devrait pas fumer, super d’accord. Continuons la sensibilisation, j’embarque. Et ça marche. Mais arrêtons la fatwa contre les fumeurs ; un peu d’humanité envers nos concitoyens, S.V.P. Il y a aussi le sujet des armes de destruction massive, la crise alimentaire dans le monde, les guerres sales, le terrorisme pour se chagriner et se mobiliser. Gardons-nous un peu de mauvaise humeur pour ça.

On ne devrait pas fumer, super hyper d’accord. Mais est-ce oui ou non légal ? Après avoir dit caca, pas beau, pas bon… arrivons-en au fait : illégal, pas immoral, ILLÉGAL. Fini. Point à la ligne. On s’empoisonnera avec autres choses : le plomb, les algues bleues, le mercure, les gras trans, la vache folle, les OGM, le smog, l’aspartame, etc. Mais la cigarette, finie. Tant pis si nos taxes augmentent. Tant pis si les coûts de la Santé éclatent (les taxes sur le tabac rapportent plus du double des coûts en soins que le tabagisme cause).

ILLÉGAL, POINT FINAL. Ce sera le pot qui au moins a des vertus thérapeutiques.











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dimanche 15 juin 2008

Le sac en plastique


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Aujourd’hui, publication d’une nouvelle série d'articles sous le libellé :

La chronique du plomb sauté



(Des textes un peu méchants, parce qu’un peu fatigué!)

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Le commis : vous voulez un sac ? Bien sûr que j’en veux un. Ou je peux faire cinq voyages aussi… Papier ou plastique ? Plastique. La femme derrière moi, sur un ton de reproche: il existe aussi des sacs réutilisables, c’est moins polluant pour l’environnement. Je suis en vélo moi, madame. C’est à vous cette grosse voiture ? Vous habitez loin d’ici ? Avez-vous vraiment besoin d’une mini-van pour traîner ce sac réutilisable ? Hein, ma belle grosse madame ?

Puis-je avoir mon sac en plastique ? Qu’est-ce qui vous dit que je vais le jeter ce sac ? Je les collectionne. J’en fais des œuvres d’art que vous allez peut-être m’acheter un jour. Je les empile. Avez-vous une idée de ce que représentent en volume mille sacs en plastique bien pliés? C’est moins que votre sac à main en simili-machin de soie de taffetas, mauvaise imitation de je ne sais quoi, dont vous bourrez les poubelles et qui mettra bien mille ans à se désintégrer. (Il a d’ailleurs déjà commencé). Et puis mon petit sac sert à ramasser les déchets : les miens, mais aussi ceux des autres souvent. Tiens, cette sacoche justement rentrerait bien.

Au commis : Puis-je avoir mon petit sac ? C'est pour le remplir de tout ce que vous voulez tant me vendre ici, choses pour la plupart superflues qui ont pollué la planète pour se rendre et finiront en montagne de déchets.
Puis-je avoir mon petit sac pour les transporter ? Ça nous serait bien utile, et ça masquera un peu vos suremballages en plastique de produits bon marché.

Puis-je l’avoir mon petit sac ? J’en ferai bon usage.


...Ah! Puis j’oubliais, je m’en sers aussi pour y jeter des restes humains.





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Épilogue : Les sacs réutilisables, c’est une très bonne idée. Faut juste pas se cacher la tête dedans. Exemple, cet écriteau à la porte d’un COSTCO :

Pensez vert…
Apportez vos sacs !!!


Il serait plus indiqué, selon moi, de suggérer plutôt ceci :

Pensez vert…
N’achetez que le nécessaire !!!


Ce serait préférable. Surtout pour la rime.

dimanche 8 juin 2008

Les poètes sont si légers



Les poètes sont des gens légers
Qu’il ne faut pas prendre à la légère
Un rien les fera s’envoler
Rire ou pleurer
Rêver et s’envoler
Assez haut dans les nuages
Qu’on ne les voit plus
Qu’on ne les entend plus

Les poètes sont des gens légers
Mais vaut mieux ne pas les prendre à la légère
Ils risquent de disparaître
Quelque part dans le ciel
Laissant ici un grand vide


Les autres
Plus lourds
Resteront toujours à terre
Les autres
Beaucoup plus lourds
On peut les prendre à la légère

dimanche 1 juin 2008



À MA MÉMOIRE


Ô mémoire, paresseuse, infidèle, oublieuse,
De tous tes égarements tu devrais être honteuse.
Tu t’amuses à ton âge, frivole insouciante,
Et toujours tu ne m’es jamais qu’inconstante.
Pourquoi donc n’es-tu jamais là quand je t’appelle ?
En quel désordre traînes-tu tes instructions nouvelles ?
Dis-moi, est-ce trop demander que, de temps en temps,
Me donner la journée et la date en même temps ?
Tu viens, tu pars, tu reviens et puis tu repars,
À ta guise et sans presse pour traîner quelque part.
Tu réponds distraitement à une banale question,
Et sitôt fait, tu retournes à ta digestion.
Tu t’amuses à retenir ce que j’ai appris
Me renvois toujours reprendre ce que tu as pris.
Pour seulement me remettre un prénom ou une date
Il faut que je te supplie ou que je te batte
Commence alors une poursuite intransigeante
Quand je crois te tenir, te voilà changeante.
Et après des heures de ce supplice, épuisé
Je m’en vais me coucher déçu, inquiet, lassé
Rien ne viendra, ni la trouvaille ni le sommeil
Puis voilà soudain qu’en pleine nuit tu me réveilles
Pour me crier le mot que je ne cherche plus
M’apparaissant insignifiant et superflu.
Il est des jours où, oubliant même tes défauts,
Je cherche à m’instruire à peu près comme il faut.
Je me concentre à lire quelques pages d’un livre ;
Et sitôt terminé j’attends que tu me livres
Sinon les détails au moins les grandes idées.
Mais à peine ai-je le titre que te voilà vidée.
Alors tout inquiet craignant la déficience
Je perquisitionne avec rage, impatience.
Te sommant de me remettre, là, sur le champ,
Ou bien le volume ou bien alors mon argent.
Car si du livre tu ne retiens pas la lecture
Tu n’oublies pas de me rappeler la facture.
C’est toujours ainsi : on vit en contrariété.
J’ai toujours l’air idiot moi, en société.
Tous les jours pour ne rien oublier je me dois
D’avoir agenda à la main et ficelle au doigt.
Malgré moi d’un songeur j’offre à voir tous les traits.
Si quelqu’un m’interroge, il me croira distrait.
Les yeux vers le ciel et l’index sur les lèvres,
Ou me grattant la tête rageusement avec fièvre
Il aura pour réponse que des hésitations
Dans une autre langue il reposera la question.
Pourquoi n’ai-je pas une faculté qui oublie moins ?
Pourquoi donc ne puis-je jamais te prendre à témoin ?
J’en vois tant d’autres qui semblent tellement bien pourvus
Consultant leur mémoire comme lisant une revue.
Elle leur est soumise et fait tout avec emphase.
Ils ne désirent qu’un mot, et elle leur donne la phrase.
Je ne serai jamais moi que doctus cum libro
C’est de ta faute, tu ne m’as jamais aidé trop.
Enfin, terminons cette chicane et de bonne foi
Allons se rappeler de bons souvenirs pour une fois.
As-tu gardé ce jour où devant assemblée
Je récitais Boileau, et tout allait d’emblée,
Quand au vingtième vers tu t’es mise à blanchir ?
Il m’a fallu suer alors pour te rafraîchir.
Mais je repris tout de même mon important discours
Sans pour autant obtenir ton précieux concours.
Car subitement, comme ça, sans doute lasse de m’entendre
Tu t’es fermée pour de bon et partis te détendre.
Je restai la bouche ouverte, vide de son, plein d’émoi.
Tu te souviens. Ah, ce qu’on a bien rit… de moi.
As-tu conservé aussi, attends… laisse-moi voir,
Oui, voilà, cette fois-là, oui ce fameux soir,
Où fièrement gonflé d’une connaissance nouvelle
J’enseignais à des amis tout ce que je savais d’elle.
Tu m’aidais à répondre à toutes sortes de questions,
Me soufflant des réponses étoffées de mentions ?
Mais parmi ceux-là il y avait des érudits
Qui sur plusieurs points, à la fin, m’ont contredit.
Tu me disais : « Prends pari, allez prends pari »
Les gageures ont monté en de fabuleux prix.
On commença à parler fort, on s’obstina,
C’est dans un livre que le tout se termina.
Ce que ça m’a coûté cher d’orgueil et d’argent.
Tu me les gardes toujours frais ces souvenirs. Hen !
N’y a-t-il pas eu aussi cette fameuse journée
Où je… Où plutôt quand… Ah ! Te voilà fermée.
Ça ne t’intéresse plus ; tu remballes les souvenirs.
Et sans pomper maintenant rien ne me peut venir.
Je devrais me rappeler ce mauvais coup, toutefois,
Allez-va ! Je veux bien oublier pour une fois.