Allez, une autre et la semaine prochaine on se relaxe avec un poème.
Fumeurs et parfumeurs (même combat !)
L’homo-désagréabilus est inextirpable dans la société. On croit s’en débarrasser en lui interdisant de fumer, il nous arrive parfumé !
Est-ce une nouvelle tendance ? Troisième sortie au restaurant gâchée cette année : du jamais vu (senti) ! Ne pointez pas les vieilles matantes; ce sont des jeunes, des gars en plus en deux occasions, que j’ai pris en fragrant délit. La prochaine fois j’exige une section non-parfumeur.
On en vient à regretter les fumeurs qui, eux au moins, pouvaient diriger leur fumée ou éteindre le temps qu’on mange. Mais le parfumé lui, comme une nouvelle bactérie résistante, trouve toujours moyen d’émaner en effluves continues, incessantes sur 360 o dans un rayon de 5 mètres à la ronde. Son parfum on le mange en entrée, on le goûte au dessert, on le boit rouge ou blanc. Putois ! Un sconse dans la section.
Mais quel est donc ce foutu besoin de faire sentir tant sa présence ? Déjà qu’on vous voit et entend trop. La prochaine fois tiens, j’enlève mes souliers. Moi aussi je peux sentir. Moi aussi j’exhale, attendez que j’enlève mes bas !
Et pourquoi toujours ce même foutu parfum acide d’épices orientales mêlées à l’essence de bergamote de patente à gosse ? Certains en sont tellement imbibés qu’ils ont avantage à se tenir loin de toutes sources de chaleur.
C’est quoi l’idée ? Prenez le temps de vous laver. Changez- vous. Ou, à tout le moins essayez d’autres saveurs, je sais pas moi, fraise, banane, barbecue,… Essayez la citronnelle tiens ! J’ai justement un briquet.
Après un environnement sans fumée, luttons pour un environnement sans parfumés.
dimanche 22 juin 2008
Cachez ces cigarettes que je ne saurais voir.
Tartufe et tartuferies que tout ça. Ça valait bien la peine d’y mettre tant de faces laides et d’images écœurantes sur les paquets pour finalement les cacher dans des tiroirs, pour l’instant, non verrouillés.
Réglé, pour la vue. Il reste maintenant le mot : cigarette. Il ne faudrait plus le prononcer à voix haute. Faudra maintenant le chuchoter au commis : "Cigarette, s.v.p. "
Mais la transaction faite, que fait-on après ? Que dit la loi ? Je cache immédiatement mon paquet sous le manteau ? Je dois quitter sans délai le magasin ? Imaginons seulement qu’un enfant (dont le parent au comptoir en train de s’acheter une grosse bière, une revue porno et une mini-loto) soit exposé à la vue de cette chose, risque-t-on d’être arrêté pour attentat à la pudeur ? Qu’est-ce que je fais avec le paquet ? Je le mets dans un sac brun, dans la valise, et je me sauve à la campagne, vu que je ne peux même pas fumer dans mon appartement ? Et, imaginons que je le sors dans un parc, plutôt discrètement, mais que, soudain, quelqu’un passe… serais-je poursuivi pour grossière indécence ?
Parlons-nous toujours de cigarettes ou de crimes contre l’humanité ?
Ce n’est pas bon pour la santé, d’accord. Mais l’obésité non plus, ni la sédentarité, le stress, les sports extrêmes, l’excès d’alcool,... Ce n’est pas agréable pour les autres d’accord. Mais la plupart des fumeurs maintenant savent vivre (plus que beaucoup de non-fumeurs).
On ne devrait pas fumer, super d’accord. Continuons la sensibilisation, j’embarque. Et ça marche. Mais arrêtons la fatwa contre les fumeurs ; un peu d’humanité envers nos concitoyens, S.V.P. Il y a aussi le sujet des armes de destruction massive, la crise alimentaire dans le monde, les guerres sales, le terrorisme pour se chagriner et se mobiliser. Gardons-nous un peu de mauvaise humeur pour ça.
On ne devrait pas fumer, super hyper d’accord. Mais est-ce oui ou non légal ? Après avoir dit caca, pas beau, pas bon… arrivons-en au fait : illégal, pas immoral, ILLÉGAL. Fini. Point à la ligne. On s’empoisonnera avec autres choses : le plomb, les algues bleues, le mercure, les gras trans, la vache folle, les OGM, le smog, l’aspartame, etc. Mais la cigarette, finie. Tant pis si nos taxes augmentent. Tant pis si les coûts de la Santé éclatent (les taxes sur le tabac rapportent plus du double des coûts en soins que le tabagisme cause).
ILLÉGAL, POINT FINAL. Ce sera le pot qui au moins a des vertus thérapeutiques.

*****
dimanche 15 juin 2008
Le sac en plastique
************************************************************
Aujourd’hui, publication d’une nouvelle série d'articles sous le libellé :
La chronique du plomb sauté

(Des textes un peu méchants, parce qu’un peu fatigué!)
************************************************************
Le commis : vous voulez un sac ? Bien sûr que j’en veux un. Ou je peux faire cinq voyages aussi… Papier ou plastique ? Plastique. La femme derrière moi, sur un ton de reproche: il existe aussi des sacs réutilisables, c’est moins polluant pour l’environnement. Je suis en vélo moi, madame. C’est à vous cette grosse voiture ? Vous habitez loin d’ici ? Avez-vous vraiment besoin d’une mini-van pour traîner ce sac réutilisable ? Hein, ma belle grosse madame ?
Puis-je avoir mon sac en plastique ? Qu’est-ce qui vous dit que je vais le jeter ce sac ? Je les collectionne. J’en fais des œuvres d’art que vous allez peut-être m’acheter un jour. Je les empile. Avez-vous une idée de ce que représentent en volume mille sacs en plastique bien pliés? C’est moins que votre sac à main en simili-machin de soie de taffetas, mauvaise imitation de je ne sais quoi, dont vous bourrez les poubelles et qui mettra bien mille ans à se désintégrer. (Il a d’ailleurs déjà commencé). Et puis mon petit sac sert à ramasser les déchets : les miens, mais aussi ceux des autres souvent. Tiens, cette sacoche justement rentrerait bien.
Au commis : Puis-je avoir mon petit sac ? C'est pour le remplir de tout ce que vous voulez tant me vendre ici, choses pour la plupart superflues qui ont pollué la planète pour se rendre et finiront en montagne de déchets.
Puis-je avoir mon petit sac pour les transporter ? Ça nous serait bien utile, et ça masquera un peu vos suremballages en plastique de produits bon marché.
Puis-je l’avoir mon petit sac ? J’en ferai bon usage.
...Ah! Puis j’oubliais, je m’en sers aussi pour y jeter des restes humains.

*******
Épilogue : Les sacs réutilisables, c’est une très bonne idée. Faut juste pas se cacher la tête dedans. Exemple, cet écriteau à la porte d’un COSTCO :
Pensez vert…
Apportez vos sacs !!!
Il serait plus indiqué, selon moi, de suggérer plutôt ceci :
Pensez vert…
N’achetez que le nécessaire !!!
Ce serait préférable. Surtout pour la rime.
dimanche 8 juin 2008
Les poètes sont si légers

Les poètes sont des gens légers
Qu’il ne faut pas prendre à la légère
Un rien les fera s’envoler
Rire ou pleurer
Rêver et s’envoler
Assez haut dans les nuages
Qu’on ne les voit plus
Qu’on ne les entend plus
Les poètes sont des gens légers
Mais vaut mieux ne pas les prendre à la légère
Ils risquent de disparaître
Quelque part dans le ciel
Laissant ici un grand vide

Les autres
Plus lourds
Resteront toujours à terre
Les autres
Beaucoup plus lourds
On peut les prendre à la légère

Les poètes sont des gens légers
Qu’il ne faut pas prendre à la légère
Un rien les fera s’envoler
Rire ou pleurer
Rêver et s’envoler
Assez haut dans les nuages
Qu’on ne les voit plus
Qu’on ne les entend plus
Les poètes sont des gens légers
Mais vaut mieux ne pas les prendre à la légère
Ils risquent de disparaître
Quelque part dans le ciel
Laissant ici un grand vide
Les autres
Plus lourds
Resteront toujours à terre
Les autres
Beaucoup plus lourds
On peut les prendre à la légère
dimanche 1 juin 2008
À MA MÉMOIRE
Ô mémoire, paresseuse, infidèle, oublieuse,
De tous tes égarements tu devrais être honteuse.
Tu t’amuses à ton âge, frivole insouciante,
Et toujours tu ne m’es jamais qu’inconstante.
Pourquoi donc n’es-tu jamais là quand je t’appelle ?
En quel désordre traînes-tu tes instructions nouvelles ?
Dis-moi, est-ce trop demander que, de temps en temps,
Me donner la journée et la date en même temps ?
Tu viens, tu pars, tu reviens et puis tu repars,
À ta guise et sans presse pour traîner quelque part.
Tu réponds distraitement à une banale question,
Et sitôt fait, tu retournes à ta digestion.
Tu t’amuses à retenir ce que j’ai appris
Me renvois toujours reprendre ce que tu as pris.
Pour seulement me remettre un prénom ou une date
Il faut que je te supplie ou que je te batte
Commence alors une poursuite intransigeante
Quand je crois te tenir, te voilà changeante.
Et après des heures de ce supplice, épuisé
Je m’en vais me coucher déçu, inquiet, lassé
Rien ne viendra, ni la trouvaille ni le sommeil
Puis voilà soudain qu’en pleine nuit tu me réveilles
Pour me crier le mot que je ne cherche plus
M’apparaissant insignifiant et superflu.
Il est des jours où, oubliant même tes défauts,
Je cherche à m’instruire à peu près comme il faut.
Je me concentre à lire quelques pages d’un livre ;
Et sitôt terminé j’attends que tu me livres
Sinon les détails au moins les grandes idées.
Mais à peine ai-je le titre que te voilà vidée.
Alors tout inquiet craignant la déficience
Je perquisitionne avec rage, impatience.
Te sommant de me remettre, là, sur le champ,
Ou bien le volume ou bien alors mon argent.
Car si du livre tu ne retiens pas la lecture
Tu n’oublies pas de me rappeler la facture.
C’est toujours ainsi : on vit en contrariété.
J’ai toujours l’air idiot moi, en société.
Tous les jours pour ne rien oublier je me dois
D’avoir agenda à la main et ficelle au doigt.
Malgré moi d’un songeur j’offre à voir tous les traits.
Si quelqu’un m’interroge, il me croira distrait.
Les yeux vers le ciel et l’index sur les lèvres,
Ou me grattant la tête rageusement avec fièvre
Il aura pour réponse que des hésitations
Dans une autre langue il reposera la question.
Pourquoi n’ai-je pas une faculté qui oublie moins ?
Pourquoi donc ne puis-je jamais te prendre à témoin ?
J’en vois tant d’autres qui semblent tellement bien pourvus
Consultant leur mémoire comme lisant une revue.
Elle leur est soumise et fait tout avec emphase.
Ils ne désirent qu’un mot, et elle leur donne la phrase.
Je ne serai jamais moi que doctus cum libro
C’est de ta faute, tu ne m’as jamais aidé trop.
Enfin, terminons cette chicane et de bonne foi
Allons se rappeler de bons souvenirs pour une fois.
As-tu gardé ce jour où devant assemblée
Je récitais Boileau, et tout allait d’emblée,
Quand au vingtième vers tu t’es mise à blanchir ?
Il m’a fallu suer alors pour te rafraîchir.
Mais je repris tout de même mon important discours
Sans pour autant obtenir ton précieux concours.
Car subitement, comme ça, sans doute lasse de m’entendre
Tu t’es fermée pour de bon et partis te détendre.
Je restai la bouche ouverte, vide de son, plein d’émoi.
Tu te souviens. Ah, ce qu’on a bien rit… de moi.
As-tu conservé aussi, attends… laisse-moi voir,
Oui, voilà, cette fois-là, oui ce fameux soir,
Où fièrement gonflé d’une connaissance nouvelle
J’enseignais à des amis tout ce que je savais d’elle.
Tu m’aidais à répondre à toutes sortes de questions,
Me soufflant des réponses étoffées de mentions ?
Mais parmi ceux-là il y avait des érudits
Qui sur plusieurs points, à la fin, m’ont contredit.
Tu me disais : « Prends pari, allez prends pari »
Les gageures ont monté en de fabuleux prix.
On commença à parler fort, on s’obstina,
C’est dans un livre que le tout se termina.
Ce que ça m’a coûté cher d’orgueil et d’argent.
Tu me les gardes toujours frais ces souvenirs. Hen !
N’y a-t-il pas eu aussi cette fameuse journée
Où je… Où plutôt quand… Ah ! Te voilà fermée.
Ça ne t’intéresse plus ; tu remballes les souvenirs.
Et sans pomper maintenant rien ne me peut venir.
Je devrais me rappeler ce mauvais coup, toutefois,
Allez-va ! Je veux bien oublier pour une fois.
dimanche 25 mai 2008
Nous sommes tous des enfants
suite de : Pour adultes seulement
Nous sommes tous des enfants. Un jour ou l’autre orphelins peut-être, mais des enfants quand même. Un jour ou l’autre parents peut-être, mais des enfants toujours. Et c’est bien comme telsque nous agissons la plupart du temps. Regardez autour de vous, écoutez les gens parler, observez les chicanes, les demandes, les attentes mêmes des leaders du vaste monde, ce ne sont que jeux d’enfants mais avec du vrai argent, de vrais fusils, de vraies conséquences. Le monde ressemble parfois à une cour d’école primaire laissée sans surveillance depuis longtemps : il y a quelques tocsons qui font la loi dans un coin, d’autres qui ne s’entendent pas sur les règles du jeu, d’autres qui jouent avec des allumettes près des bidons d’essence, des enfants qui pleurent, qui crient, et la plupart après un certain temps semblent complètement désemparés. Un adulte arrive enfin et un certain ordre s’établit, un calme, une sérénité, une sécurité. Il est au-dessus de la mêlée. Il voit, prévient, arbitre, dirige. ( voir : Regardez le monde , 17 octobre 2007 )
Nous sommes tous des enfants; parfois avec le beau côté de l’innocence (à Noël, en vacances, au camping), mais le plus souvent avec le désarroi de notre immaturité.
Peut-être que dans notre développement il manque un stade d’apprentissage, une période de fermentation, un retrait nécessaire de cette société trépidante et prête-à-porter ? On devient socialement adulte en si peu de temps, et si tôt : 18 ans maintenant, depuis 1971 ( exactement l’année où on m’a retranché 3 ans d’apprentissage, alors que j’en avais besoin de 5 autres). Quelques jours seulement pour quitter l’enfance. La transformation n’a pas le temps de se faire. La chenille n’est pas encore papillon mais on s’attend à ce qu’elle vole, sauf qu’elle tombe, bien évidemment, et ne deviendra peut-être jamais papillon.
Cette fois ce n’est pas du ventre mais de la jupe de maman qu’on sort. « Tu vas te nourrir par toi-même maintenant mon grand. Allez, va rejoindre les autres à la guerre, aux urnes, à l’usine (ou à l’école, mais niaise plus), à la banque, chez le concessionnaire,…» Et nous, jeunes poulains excités et insouciants on court dans toutes les directions.
Nous sommes tous des enfants; parfois avec le beau côté de l’innocence (à Noël, en vacances, au camping), mais le plus souvent avec le désarroi de notre immaturité.
Peut-être que dans notre développement il manque un stade d’apprentissage, une période de fermentation, un retrait nécessaire de cette société trépidante et prête-à-porter ? On devient socialement adulte en si peu de temps, et si tôt : 18 ans maintenant, depuis 1971 ( exactement l’année où on m’a retranché 3 ans d’apprentissage, alors que j’en avais besoin de 5 autres). Quelques jours seulement pour quitter l’enfance. La transformation n’a pas le temps de se faire. La chenille n’est pas encore papillon mais on s’attend à ce qu’elle vole, sauf qu’elle tombe, bien évidemment, et ne deviendra peut-être jamais papillon.
Cette fois ce n’est pas du ventre mais de la jupe de maman qu’on sort. « Tu vas te nourrir par toi-même maintenant mon grand. Allez, va rejoindre les autres à la guerre, aux urnes, à l’usine (ou à l’école, mais niaise plus), à la banque, chez le concessionnaire,…» Et nous, jeunes poulains excités et insouciants on court dans toutes les directions.
Alors qu’il faudrait tant patienter, vivre la bohème, réfléchir avec les philosophes, s’amuser à des jeux de son âge pour un jour cesser de faire l’enfant et s’affranchir. Mais, pressés de rejoindre les grands, tous les têtards interrompent leur développement pour se fondre à cette société d’illusions aux comportements enfantins.
La transformation n’a pas eu le temps de se faire. Maintenant l’enfant ne se développe plus, il ne fait que vieillir.
Heureusement il y a toujours des exceptions. Parmi nous il y aura toujours quelques adultes, des personnes responsables capables de se détacher du groupe - que l’on confond souvent avec les moutons noirs parce qu’ils vont parfois à contre-courant… et bien sûr tous les moutons blancs de bêêêler à la différence, eux qui suivent pitance jusqu’à la potence, un tracé bien droit du silo de grain jusqu’à l’abattoir.
N’empêche qu’un adulte, pour moi, c’est ça : quelqu’un capable de sortir du groupe (et de survivre). Un enfant ne le peut pas.
Si on ne tuait pas les hommes adultes, d’après moi ils seraient tous centenaires.
*****
- Et puis toi ?
- Moi, quoi ? Quoi, moi ? Je suis resté un enfant. C’est pas pour me vanter mais j’ai déjà rencontrer des adultes. Je sais c’est quoi.
La transformation n’a pas eu le temps de se faire. Maintenant l’enfant ne se développe plus, il ne fait que vieillir.
Heureusement il y a toujours des exceptions. Parmi nous il y aura toujours quelques adultes, des personnes responsables capables de se détacher du groupe - que l’on confond souvent avec les moutons noirs parce qu’ils vont parfois à contre-courant… et bien sûr tous les moutons blancs de bêêêler à la différence, eux qui suivent pitance jusqu’à la potence, un tracé bien droit du silo de grain jusqu’à l’abattoir.
N’empêche qu’un adulte, pour moi, c’est ça : quelqu’un capable de sortir du groupe (et de survivre). Un enfant ne le peut pas.
Si on ne tuait pas les hommes adultes, d’après moi ils seraient tous centenaires.
*****
- Et puis toi ?
- Moi, quoi ? Quoi, moi ? Je suis resté un enfant. C’est pas pour me vanter mais j’ai déjà rencontrer des adultes. Je sais c’est quoi.
dimanche 18 mai 2008
Pour adultes seulement
Cette chronique est destinée aux personnes âgées de 18 ans et plus. Je préfère vous en avertir.
…
Attention !
…
Bon, maintenant que nous sommes entre nous, qu’il n’y a pas d’enfants dans les parages, nous allons traiter d’un sujet adulte.
Le sujet est Adulte… c’est le sujet : « Adulte » : c’est-à-dire, ce que nous ne sommes pas pour la plupart d’entre nous. Chut ! Faut pas que les enfants le sachent. Ils nous croient adultes alors qu’en réalité nous sommes restés comme eux. La transformation s’est faite physiquement mais à peu près pas mentalement. La preuve : combien d’entre vous avaient déjà baissé leurs culottes en lisant le début de cet article?
Les enfants nous prennent pour des professionnels de la vie, des personnes en contrôle aux commandes des institutions, responsables et réfléchis. Ils s’imaginent qu’on est tous comme leur papa, leur maman bienveillants et connaissant tout. Bref, ils nous voient comme des grandes personnes autonomes et disciplinées.
À part les poils au pubis je ne pense pas que nous sommes tellement différents qu’à leur âge. Je nous vois toujours très naïfs, influençables, encore enclins à la pensée magique, la fabulation. Je nous sens toujours bien dépendants d’affection et de prise en charge : le lot de tous les enfants carencés dont la croissance est stoppée quelque part. À part les poils au pubis, bien entendu.
Si les petits ne remarquent pas nos comportements puérils, nos législateurs et marketeurs, eux, n’en sont pas dupes.
Ma mère m’a déjà enlevé mon tire-pois parce qu’un voisin en avait tiré un dans la face de sa sœur. C’est dangereux ! On me retire mon cellulaire au volant parce que la sœur de mon voisin a eu un accident alors qu’elle se maquillait en parlant au téléphone. Confisqué. C’est dangereux ! Ma mère m’aurait dit aussi - mais elle savait que ce n’était pas nécessaire - quand tu prends ton vélo pour une petite promenade avec la sœur de ton voisin, mets ton casque. Tu vas faire mal à ta tête et faire bobo! Il y en a toute une série de lois infantilisantes qui ne servent à rien d’autre que donner le sentiment général qu’on nous protège.
Et les enfants d’entre nous, rassurés, font de beaux dodos.
Mais parmi toutes ces lois il y en manque encore une : Interdire la publicité faite aux enfants de plus de 18 ans.
Parce que c’est aussi dangereux que l’alcool, le tabac ou le jeu : ça altère le jugement. La publicité, à grande dose, ça crée de sérieux troubles de comportement allant de la dépendance compulsive à l’obsession maniaque; pire que le jeu pour entretenir l’illusion et ruiner un ménage.
On n’a pas tous l’âge mental requis pour recevoir ces messages publicitaires. On ne tolèrerait pas ces approches débilitantes s’il s’agissait de jouets ou de bonbons adressés à nos petits. On dirait à nos jeunes : ben voyons, tu sais bien que ce n’est pas gratuit, que tu ne pourras pas tout payer plus tard, que c’est une mise en scène, les belles filles et le party n’arrivent pas dans chaque caisse de bière, dans trois mois ton nouveau char sera sale, peut-être bossé, et ne fera plus rêver personne, tu te tanneras plus vite de tes gadgets électroniques que le temps qu’ils prendront à être dépassés…Attends au moins à Noël, à ta fête. Et laisse faire tes petits camarades qui en ont tous !
On crierait à l’illusion, la manipulation, aux scandales. On crierait à notre maman-gouvernement de légiférer pour interdire ces publicités faites à nos enfants par ces vieux mononcles-cochons-marketeurs.
MAIS ON NE PEUT PAS. On est entre adultes; tous les coups sont permis. On est responsable, obligé, soumis à la loi. À 18 ans, fini la Protection de la Jeunesse. Tu veux, tu payes. Tu payes pas, on saisit. Tu résistes, prison ! Tu veux pas, ça t’en prend pareil. Tu peux pas, travaille. T’arrives pas, on saisit. Tu résistes, prison !
WOW, c’est déprimant !
…
Attendez, je m’en vais réprimer ma déprime, et je reviens la semaine prochaine.
****
Mais parmi toutes ces lois il y en manque encore une : Interdire la publicité faite aux enfants de plus de 18 ans.
Parce que c’est aussi dangereux que l’alcool, le tabac ou le jeu : ça altère le jugement. La publicité, à grande dose, ça crée de sérieux troubles de comportement allant de la dépendance compulsive à l’obsession maniaque; pire que le jeu pour entretenir l’illusion et ruiner un ménage.
On n’a pas tous l’âge mental requis pour recevoir ces messages publicitaires. On ne tolèrerait pas ces approches débilitantes s’il s’agissait de jouets ou de bonbons adressés à nos petits. On dirait à nos jeunes : ben voyons, tu sais bien que ce n’est pas gratuit, que tu ne pourras pas tout payer plus tard, que c’est une mise en scène, les belles filles et le party n’arrivent pas dans chaque caisse de bière, dans trois mois ton nouveau char sera sale, peut-être bossé, et ne fera plus rêver personne, tu te tanneras plus vite de tes gadgets électroniques que le temps qu’ils prendront à être dépassés…Attends au moins à Noël, à ta fête. Et laisse faire tes petits camarades qui en ont tous !
On crierait à l’illusion, la manipulation, aux scandales. On crierait à notre maman-gouvernement de légiférer pour interdire ces publicités faites à nos enfants par ces vieux mononcles-cochons-marketeurs.
MAIS ON NE PEUT PAS. On est entre adultes; tous les coups sont permis. On est responsable, obligé, soumis à la loi. À 18 ans, fini la Protection de la Jeunesse. Tu veux, tu payes. Tu payes pas, on saisit. Tu résistes, prison ! Tu veux pas, ça t’en prend pareil. Tu peux pas, travaille. T’arrives pas, on saisit. Tu résistes, prison !
WOW, c’est déprimant !
…
Attendez, je m’en vais réprimer ma déprime, et je reviens la semaine prochaine.
****
dimanche 11 mai 2008
dimanche 4 mai 2008
Je ne peux contenir plus longtemps mon "Zorro" objecteur déplaisant.
Il attend son tour depuis janvier. Alors, voici son mot.
********
Avoir et Savoir
pour paraître au lieu d’être.
La connaissance dont on s’enorgueillit tant, la connaissance, dis-je, est à la portée du plus grand nombre. Le savoir est peu de chose en soi ; c’est son utilisation intelligente qui compte. On peut bien tout savoir et ne rien comprendre. C’est même assez fréquent. Déjà un livre comme un dictionnaire en sait infiniment plus que nous et il est bien parmi les plus épais. Le jugement, la réflexion, l’intuition, ça c’est autre chose, ça tient du génie. Et le génie, lui, n’est pas à la portée du plus grand nombre.
Qu’on me comprenne bien : le savoir a tout son mérite, je dis seulement que je ne crois pas qu’on ait beaucoup de mérite à savoir. Quelconque mouton d’intelligence moyenne finira par avoir son diplôme ; la condition essentielle étant d’être bon mouton. Tout ce qu’on a étudié quiconque l’aurait étudié le saurait. Tout le temps qu’on a passé à apprendre quelque chose on l’a perdu pour apprendre autre chose. On sera donc toujours passablement ignorant.
On a intérêt à être modeste ; produire et fermer sa gueule.
Je ne sais pas si on apprend toujours à écouter les autres, mais je sais qu’on n’apprend jamais rien à parler toujours.
Mais allez donc savoir pourquoi les gens se valorisent tant de connaître et d’être reconnu de connaître. C'est bien peu de chose qu'un ébéniste soit fier de nous présenter ses outils
...et rien d'autres que des petits meubles IKEA.
ON N'EST JAMAIS SOT D'ÊTRE IGNORANT.
Alors que l’inverse…
Yes sir, pensent les ventrus commerçants pressés de fermer les livres. T’as raison, Zorro-moralo. Perte de temps. Et le temps c’est de l’argent.
Attendez, supporteurs intéressés, attendez j’ai pas terminé.
L’argent maintenant, la petite fortune dont on s’enorgueillit tant, l’argent dis-je, est à la portée du plus grand nombre. Dans un système économique comme le nôtre, c’est bien peu de chose en soi. Il suffit d’une constitution physique moyenne et, en se pilant sur le cœur (et surtout celui des autres), on finira bien, de façon droite ou croche, par en amasser pas mal. Je n’ai jamais connu personne qui avait le projet mordicus de faire de l’argent et n’en ait pas fait. Quelconque ambitieux d’intelligence moyenne finira bien par faire son tas. Son gros tas.
Mais voulez-vous bien me dire à quoi ça sert d’en avoir tant ?
Ça ne vous fera pas musicien, artiste, athlète, philosophe brillant et reconnu. Ça ne vous fera pas tomber en amour ou devenir plus jeune, plus beau, plus talentueux, plus sympathique. À quoi ça peut bien vous servir d’en avoir tant ? Je ne doute pas de l’utilité d’en avoir ; c’est nécessaire dans la vie… quoique beaucoup moins que l’amitié, le talent, le désir, le goût de vivre, mais je reconnais que ça en prend. L’argent c’est un peu comme les médicaments : c’est bien de toujours en avoir sous la main mais pour en avoir toujours autant besoin, faut être malade !
Et en plus ça crée une forte dépendance. Les riches ont de gros besoins d’argent. C’est normal, ça en prend beaucoup pour être riche. Parce qu’autrement, on peut bien vivre avec peu. On s’enrichit constamment de tous les besoins qu’on n’a pas.
La plupart des gens ont cet équilibre, je crois, de profiter de la vie dans un confort relatif. On rêve d’être millionnaire comme on rêve d’être mince et musclé (ce qui est bien à la portée du plus grand nombre). Mais ça nous passe, et on se met à être heureux sans ça.
Le bonheur ne nous en demande pas tant.
Mais, que voulez-vous, l’homme est ambitieux. Il doit réussir quelque chose dans la vie, et s’enrichir ce n’est pas trop compliqué. Sauf que le temps qu’il passe à ramasser de l’argent tous les jours, toutes les heures, toute sa vie, il ne le passe pas à d’autres valeurs humaines. À la fin, il n’a souvent rien d’autre à vous montrer que des collections d’objets et rien d’autre à vous entretenir que de ses cailloux ramassés.
JE REGRETTE DE NE PAS APPLAUDIR
J’ai envié de Lennon son talent, pas sa fortune. J’envie d’Hubert Reeves sa passion intelligente, pas son savoir. Mais pour d’autres, j’imagine c’est l’inverse. Il le faut. Par tous les raccourcis qu’ils prennent pour être savants ou riches. Mais je le répète :
JE REGRETTE DE NE PAS VOUS APPLAUDIR
On sait bien, me diront ceux que j’ai décoiffés, c’est parce que tu n’as rien, que tu dis ça. Nah !
Peut-être. J’ai été suffisamment déplaisant, si ça peut vous réconforter je vous laisse cet argument. Passons notre chemin. Je suis pressé d’aller entendre cet artiste exquis dont tout le monde parle avec tant de bonheur. Je sais, on dit de lui qu’il est pauvre et sans diplôme… mais, qui sait, peut-être trouvera-t-il la gloire que vous cherchez tant.
****
Il attend son tour depuis janvier. Alors, voici son mot.
********
Avoir et Savoir
pour paraître au lieu d’être.
La connaissance dont on s’enorgueillit tant, la connaissance, dis-je, est à la portée du plus grand nombre. Le savoir est peu de chose en soi ; c’est son utilisation intelligente qui compte. On peut bien tout savoir et ne rien comprendre. C’est même assez fréquent. Déjà un livre comme un dictionnaire en sait infiniment plus que nous et il est bien parmi les plus épais. Le jugement, la réflexion, l’intuition, ça c’est autre chose, ça tient du génie. Et le génie, lui, n’est pas à la portée du plus grand nombre.
Qu’on me comprenne bien : le savoir a tout son mérite, je dis seulement que je ne crois pas qu’on ait beaucoup de mérite à savoir. Quelconque mouton d’intelligence moyenne finira par avoir son diplôme ; la condition essentielle étant d’être bon mouton. Tout ce qu’on a étudié quiconque l’aurait étudié le saurait. Tout le temps qu’on a passé à apprendre quelque chose on l’a perdu pour apprendre autre chose. On sera donc toujours passablement ignorant.
On a intérêt à être modeste ; produire et fermer sa gueule.
Je ne sais pas si on apprend toujours à écouter les autres, mais je sais qu’on n’apprend jamais rien à parler toujours.
Mais allez donc savoir pourquoi les gens se valorisent tant de connaître et d’être reconnu de connaître. C'est bien peu de chose qu'un ébéniste soit fier de nous présenter ses outils
...et rien d'autres que des petits meubles IKEA.
ON N'EST JAMAIS SOT D'ÊTRE IGNORANT.
Alors que l’inverse…
Yes sir, pensent les ventrus commerçants pressés de fermer les livres. T’as raison, Zorro-moralo. Perte de temps. Et le temps c’est de l’argent.
Attendez, supporteurs intéressés, attendez j’ai pas terminé.
L’argent maintenant, la petite fortune dont on s’enorgueillit tant, l’argent dis-je, est à la portée du plus grand nombre. Dans un système économique comme le nôtre, c’est bien peu de chose en soi. Il suffit d’une constitution physique moyenne et, en se pilant sur le cœur (et surtout celui des autres), on finira bien, de façon droite ou croche, par en amasser pas mal. Je n’ai jamais connu personne qui avait le projet mordicus de faire de l’argent et n’en ait pas fait. Quelconque ambitieux d’intelligence moyenne finira bien par faire son tas. Son gros tas.
Mais voulez-vous bien me dire à quoi ça sert d’en avoir tant ?
Ça ne vous fera pas musicien, artiste, athlète, philosophe brillant et reconnu. Ça ne vous fera pas tomber en amour ou devenir plus jeune, plus beau, plus talentueux, plus sympathique. À quoi ça peut bien vous servir d’en avoir tant ? Je ne doute pas de l’utilité d’en avoir ; c’est nécessaire dans la vie… quoique beaucoup moins que l’amitié, le talent, le désir, le goût de vivre, mais je reconnais que ça en prend. L’argent c’est un peu comme les médicaments : c’est bien de toujours en avoir sous la main mais pour en avoir toujours autant besoin, faut être malade !
Et en plus ça crée une forte dépendance. Les riches ont de gros besoins d’argent. C’est normal, ça en prend beaucoup pour être riche. Parce qu’autrement, on peut bien vivre avec peu. On s’enrichit constamment de tous les besoins qu’on n’a pas.
La plupart des gens ont cet équilibre, je crois, de profiter de la vie dans un confort relatif. On rêve d’être millionnaire comme on rêve d’être mince et musclé (ce qui est bien à la portée du plus grand nombre). Mais ça nous passe, et on se met à être heureux sans ça.
Le bonheur ne nous en demande pas tant.
Mais, que voulez-vous, l’homme est ambitieux. Il doit réussir quelque chose dans la vie, et s’enrichir ce n’est pas trop compliqué. Sauf que le temps qu’il passe à ramasser de l’argent tous les jours, toutes les heures, toute sa vie, il ne le passe pas à d’autres valeurs humaines. À la fin, il n’a souvent rien d’autre à vous montrer que des collections d’objets et rien d’autre à vous entretenir que de ses cailloux ramassés.
JE REGRETTE DE NE PAS APPLAUDIR
J’ai envié de Lennon son talent, pas sa fortune. J’envie d’Hubert Reeves sa passion intelligente, pas son savoir. Mais pour d’autres, j’imagine c’est l’inverse. Il le faut. Par tous les raccourcis qu’ils prennent pour être savants ou riches. Mais je le répète :
JE REGRETTE DE NE PAS VOUS APPLAUDIR
On sait bien, me diront ceux que j’ai décoiffés, c’est parce que tu n’as rien, que tu dis ça. Nah !
Peut-être. J’ai été suffisamment déplaisant, si ça peut vous réconforter je vous laisse cet argument. Passons notre chemin. Je suis pressé d’aller entendre cet artiste exquis dont tout le monde parle avec tant de bonheur. Je sais, on dit de lui qu’il est pauvre et sans diplôme… mais, qui sait, peut-être trouvera-t-il la gloire que vous cherchez tant.
****
Inscription à :
Articles (Atom)