dimanche 27 août 2017

            LES VIEUX JOURS             
(Paroles et musique : Serge Timmons)
 
 
 
Ma mie, vois-tu venir l’hiver       
Et le temps gris                 
Ce soir, j’ai le cœur à l’envers
Comme je m’ennuie !                 
 
Ma jeunesse s’en va comme navire en dérive
Emportant ce que j’aime toujours plus loin des rives
 
J’ai perdu l’étincelle
Qui allumait le feu
Me faisant croire éternel
Me laissait prendre au jeu
 
Hier brillaient pour nous les étoiles, le mirage
C’était nous les fous, les loups, les sauvages
Bien avant, bien avant
 
C’est bien toujours le fleuve, mais jamais la même eau
Jamais les mêmes feuilles à notre bouleau
Tout passe et se remplace
Ne reste qu’une trace
Que les années effacent
On a eu notre tour
Un aller sans retour
Merci ! Bonsoir ! Bonjour,
Les vieux jours.
...
 
Bientôt viendra la nuit où se perdent les nuages
La der des der, ma mie, la dernière du voyage
Mais avant, mais avant
 
On ira voir le fleuve, regarder passer l’eau
S’étendre sous les feuilles de notre bouleau
On laissera le vent
Nous bercer doucement
Sur les berges du temps
On a eu notre tour
Un aller sans retour
Merci ! Bonsoir ! Bonjour,
Les vieux jours.
Les vieux jours.

 

                                                              Copyright © 2012  S. Timmons

dimanche 13 août 2017




Projet de loi visant faire passer la limite permise de 0,08 à 0,05.







DES EMBÊTEMENTS DE PLUS. C’EST TOUT.

  

D’abord, les chiffres. Selon le dernier bilan de la SAAQ (2016) annexe p.16, taux d’alcoolémie des conducteurs décédés au Québec, sur 131 décès, 38 dépassaient le 0,08 (les 2/3 à plus de 0,15), 9 cas se situaient entre 0,05 et 0,01, et la majorité (83) étaient à ,0. Entre 0,05 et 0,08 : 1. Un cas seulement.

 
Ensuite, l’implication. L’autre cause importante de mortalité sur les routes tient à la vitesse excessive. Alors, suivant la même logique, devrait-on réduire de 90 km/h à 70km/h la vitesse maximale sur les routes du Québec pour dissuader nos courseurs à 140 km/h?
L’impact serait d’engorger le système par des infractions aux automobilistes délinquants roulant à des 85 km/h...

 
L’alcool au volant, c’est criminel, oui. La vitesse tue, oui. Mais le ridicule, non.

Je suis contre.
 
*
                                                                                                         
 
PS. À l’argument qu’ailleurs on a enregistré une amélioration du bilan en abaissant la limite à 0,05, je dirais qu’en ne faisant RIEN, nous enregistrons aussi des baisses spectaculaires. Toujours selon la même source, pour un taux supérieur à 0,08 : 78 décès en 2011 vs 38 en 2015. Une baisse constante (50 % moins, en 4 ans, pas mal!). 

Et ça continue...
 
 
 
***

dimanche 23 juillet 2017

L’HOMME IDEAL    
(Paroles et musique : Serge Timmons)
 
 
J’suis pas vaillant, j’suis pas sportif
J’aime pas les légumes, le tofu
Dans la maison, j’suis pas actif
Dans le jardinage non plus
Pis j’connais pas le nom des plantes
Pis le nom de toutes tes matantes
Découragée tu te d’mandes ben
Des fois ce que tu fais avec moé
Un pas sortable qui te fait honte
Qui salue pas l’monde, un sauvage
Qui fume qui boit qui pète qui ronfle
Moyen moineau du moyen-âge
 
(Refrain)
T’as pas trouvé l’homme idéal
Ton prince charmant a pris une fouille
Il est tombé de son cheval
Et s’est transformé en grenouille
Pourtant il est resté le même
Ni crapaud ni grand chevalier
Pourquoi changer quelqu’un qu’on aime
Quand on en trouve un par millier ?
 
 
Pourtant y en avait des toutous
Qui te tournaient autour hier
Mais t’as préféré le matou
Les autres te tombaient sur les nerfs
Le flamant rose y doit être plate
Attentionné et prévenant
Il serait toujours dans tes pattes
Un trop pareil c’est encombrant
Pour tout c’que tu veux lui faire faire
C’est qui, c’est quoi, l’homme idéal
Veux-tu ben m’dire c’que tu préfères
Le chevalier ou le cheval ?
 
(Refrain)
 
Avec les filles vous vous parlez
De tout ce qu’on fait pas, ou fait mal
C’est un projet que vous avez
De dompter le gros animal
Toé, l’tiens yé brun, pas rose pantoute
Y voit rien, yé pas délicat
Une chance t’es là, que tu vois à toute
Qu’est-ce qui f’rait si t’étais pas là ?
Dis-moi-le donc, une fois pour toutes
À t’voir aller, à t’écouter
Que je suis de trop dans ton couple
L’homme idéal, dans le fond, c’est toé!
 
...
 
Pourtant je suis resté le même
Ni crapaud ni grand chevalier
Pourquoi changer quelqu’un qu’on aime
Quand on en trouve un par millier ?
 
 
***
 
 
 
                                                  

dimanche 16 juillet 2017


     MARINGOUIN        
(Paroles et musique : Serge Timmons)
 
 
De tous ces bizzzz qui m’énarvent
Mouches noires,  à chevreuil, à marde
De cette engeance maudite
Race haïssable de bibittes
Les pires, ces collants cousins
Minuscules maringouins
Piqueurs, suceurs, empoisonneurs
Espèce de poux d’oiseau de malheur
 
Insecte, infecte, arthropode malcommode
Diptère, nématocère, tout’ petite stégomyie
Espèce de culicidé
Va t’faire insecticider!
 
Non, c’est pas le mâle
Insecte ronfleur
Qui c’est bien normal
Se soûle dans les fleurs
Non, c’est pas lui, c’est elle
Qui nous pompe le sang
Oui, c’est la femelle
C’est pas surprenant.
 
Hé! Où vas-tu avec mon sang?  Sangsue !
Hé! Où vas-tu avec mon sang?  Bon sang !
Va porter immédiatement
Tout ça à la Croix Rouge
Depuis l’temps que j’veux donner
Sans m’laisser m’abandonner
À la piqure, bouge !
Va, cours, vole, maintenant que c’est fait
Va, cours, vole, pendant que c’est frais
Me déposer… 
Et après va te faire écraser.
 
Insecte, infecte, arthropode malcommode
Diptère, nématocère, tout’ petite stégomyie
Espèce de culicidé
Va t’faire insecticider!
                                                                                              
Et c’qui est le plus troublant
C’est qu’avec mon sang
Elle fait des petits
Petits mosquitos
Qui viendront tantôt
Me rendre visite
 
Une bande de p’tits consanguins
Qui m’diront : « Salut cousin !
Viens qu’on t’embrasse »
Ouais ! Mais le premier qui sort la langue
Entre mes doigts je l’étrangle
Et j’en fais de la mélasse
 
Insecte, infecte, arthropode malcommode
Diptère, nématocère, tout’ petite stégomyie
Espèce de culicidé
Va t’faire insecticider!
 
 
 ***

dimanche 2 juillet 2017

           LA CHAÎNE ALIMENTAIRE         
(Paroles et musique : Serge Timmons)
 
 
Un merle a pris un ver
Un ver qui prenait l’air
Le chat caché dans l’herbe
A bondit sur le merle
Il a fait des morceaux
De ce petit oiseau
Qui avait pris un ver
Peut-être un ver de trop
 
On avait oublié
De garder attaché
Le chien méchant de Georges
Qu’y a eu un chat dans gorge
Le chat de mon voisin
Qui s’est mis en maudit
Et a tiré le chien
De deux coups de fusil
 
Dans la chaîne alimentaire
On est un morceau de viande
On aime son prochain, mon frère
Au moins pendant qu’on le mange
 
Dans la chaîne alimentaire
Y a pas de bout, pas d’abri
Si c’est pas les loups, mon frère
Ce sera les bactéries
 
On a pris le téléphone
On a pris les moyens
La police a pris l’homme
Qui avait pris le chien
Qui avait pris le chat
Qui avait pris l’oiseau
Qui avait pris le ver
Le ver qui prenait l’air
 
Et l’homme qu’on mit en terre
Fut mangé par les vers
 
 
***
 

dimanche 25 juin 2017


 
     LES DJINNS     
(Victor Hugo)  
 

 

Murs, ville,

Et port,

Asile

De mort,

Mer grise

Où brise

La brise

Tout dort.

 

Dans la plaine

Nait un bruit.

C’est l’haleine

De la nuit.

Elle brame

Comme une âme

Qu’une flamme

Toujours suit.

 

La voix plus haute

Semble un grelot.

D’un nain qui saute

C’est le galop.

Il fuit, s’élance,

Puis en cadence

Sur un pied danse

Au bout d’un flot.

 

La rumeur approche,

L’écho la redit.

C’est comme la cloche

D’un couvent maudit,

Comme un bruit de foule

Qui tonne et qui roule,

Et tantôt s’écroule

Et tantôt grandit.

 

Dieu! La voix sépulcrale

Des Djinns!...  Quel bruit ils font!

Fuyons sous la spirale

De l’escalier profond!

Déjà s’éteint ma lampe,

Et l’ombre de la rampe

Qui le long du mur rampe,

Monte jusqu’au plafond.

 
 

C’est l’essaim des Djinns qui passe,

Et tourbillonne en sifflant.

Les ifs, que leur vol fracasse,

Craquent comme un pin brûlant,

Leur troupeau lourd et rapide,

Volant dans l’espace vide,

Semble un nuage livide

Qui porte un éclair au flanc.

 

Ils sont tout près!  Tenons fermée

Cette salle où nous les narguons

Quel bruit dehors! Hideuse armée

De vampires et de dragons!

La poutre du toit descellée

Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,

Et la vieille porte rouillée,

Tremble, à déraciner ses gonds.

 

Cris de l’enfer! Voix qui hurle et qui pleure!

L’horrible essaim, poussé par l’aquilon,

Sans doute, ô ciel! S’abat sur ma demeure.

Le mur fléchit sous le noir bataillon.

La maison crie et chancelle penchée,

Et l’on dirait que, du sol arrachée,

Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,

Le vent la roule avec leur tourbillon!

 

Prophète! Si ta main me sauve

De ces impurs démons des soirs,

J’irai prosterner mon front chauve

Devant tes sacrés encensoirs!

Fais que sur ces portes fidèles

Meure leur souffle d’étincelles,

Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes

Grince et crie à ces vitraux noirs!

 

Ils sont passés!  Leur cohorte

S’envole et fuit, et leurs pieds

Cessent de battre ma porte

De leurs coups multipliés.

L’air est plein d’un bruit de chaînes,

Et dans les forêts prochaines

Frissonnent tous les grands chênes,

Sous leur vol de feu pliés!

 
 

De leurs ailes lointaines

Le battement décroît,

Si confus dans les plaines,

Si faible, que l’on croit

Ouïr la sauterelle

Crier d’une voix grêle,

Ou pétiller la grêle,

Sur le plomb d’un vieux toit.

 

D’étranges syllabes

Nous viennent encor :

Ainsi, des Arabes

Quand sonne le cor,

Un chant sur la grève

Par instants s’élève,

Et l’enfant qui rêve

Fait des rêves d’or.

 

Les Djinns funèbres,

Fils du trépas,

Dans les ténèbres

Pressent leurs pas;

Leur essaim gronde;

Ainsi, profonde,

Murmure une onde

Qu’on ne voit pas.

 

Ce bruit de vague

Qui s’endort,

C’est la vague

Sur le bord;

C’est la plainte

Presque éteinte

D’une sainte

Pour un mort.

 

On doute

La nuit...

J’écoute :

Tout fuit,

Tout passe;

L’espace

Efface

Le bruit.

                                                                               
 

                                                  Musique / Serge Timmons
 
 
***