dimanche 9 mars 2014


H. ( suite )


Pour un esprit tourmenté comme le sien, un Don Quichotte dégainant sur toutes affirmations présomptueuses, cette expérience ne passait pas. La plupart des gens ne portent pas attention à ces petits indices du grand mystère, mais lui, il flairait les choses et l’enquête virait à l’obsession. Pris de vertige, il téléphona à Bertrand, son frère, le seul être au monde qui ne le prenait pas tout à fait pour un fou. 
 
 Suis-je mort? demanda-t-il à Bertrand.

 Ah, t’es fatigant avec ça, s’impatientait l’autre, je te le dirai quand tu le seras.

 Non, il sera trop tard.

 Écoute ben, Albin, tant que tu te poseras la question, tu ne seras jamais mort, lui assura Bertrand. (Réponse toute cartésienne, mais impossible à vérifier. Ça ne statue que sur un état, et le plus évident. Mais qu’est-ce que ne pas être? … silence radio…)

 Quand je ne me pose pas la question, est-ce à dire que je suis mort?    (Tiens! Voyez ce que je disais. Bien répondu, Albin!)

 C’est ton problème. Si tu croyais en Dieu aussi, ou à une vie après la mort, ou la réincarnation, ou je ne sais pas moi… comme tout le monde finalement, tu saurais que tu le serais.

   À cet argument, H. avait toujours cette réflexion : « Avant de naître, savions-nous que nous n’étions pas? ». Les croyants lui répondaient invariablement que c’étaient parce que nous n’existions effectivement pas encore, mais maintenant que Dieu nous avait créés, c’était pour l’éternité. 

Ouais, l’éternité avec un début… ça ne lui rentrait pas dans la tête. Ça suppose que nos prédécesseurs ont une éternité plus longue, et ce n’est pas juste.


   Adolescent, quand il avait une soudaine crise de foi, il courait consulter le curé de sa paroisse. Ce dernier trop occupé aux offices des  mariages, des baptêmes, des morts, des messes de trois paroisses… lui accordait bien peu d’écoute, le prenant pour un genre d’hérétique inoffensif.

— Albin, t’es de mauvaise foi, lui disait-il. Tu sais bien qu’il s’agit d’immortalité plutôt que d’éternité. Immortel veut dire que tu nais, mais ne meurs jamais.

 Je comprends, M. le Curé. Ça commence, mais ça ne finit pas.

 C’est ça!  

Puis, remarquant son regard dubitatif que lui donnaient ses yeux anormalement ronds et fixes, il rajouta : « Qu’est-ce qui ne marche pas? »

 Les prochains qui naîtront n’existent-ils pas un peu avant, sans le savoir?

— NON, ils ne sont pas!  lui rétorquait le prêtre avec une certaine impatience dans le ton. C’est simple : ou tu nais, ou tu n’es pas. Mais si tu es, c’est pour toujours. Le corps meurt, mais pas l’âme. Comprends-tu?

 Depuis quand suis-je?

 Mais depuis ta naissance, voyons, c’est bien évident! répond le curé péremptoire (pas son nom).

 Mon âme aurait (donc eu)* besoin d’un corps, alors?

— …

   Et la spirale du doute reprenait… Et ça n’en finissait plus…

   La plupart s’épuisaient à discuter avec lui.

   Mais tout ça, c’était avant l’accident.

Vous vous rappelez l’article dans le journal, il n’y a pas si longtemps, on rapportait et je cite : « À l’hôpital Notre-Dame, un homme dans la trentaine est décédé à la suite de ce qu’il semble être une erreur médicale. Un mauvais dosage de succinylcholine  et de sufentanil, produits utilisés en anesthésie, aurait entraîné la mort du patient lors d’une opération de chirurgie esthétique au nez. Une enquête est ouverte afin d’éclaircir les circonstances du drame. »

   Tout ça, c’était avant l’accident.

   Ou après...

   Je ne sais plus.


***

* Les parenthèses sont de moi.


dimanche 2 mars 2014


H.
 
  
 « Suis-je mort? »

   Si vous avez mal aux dents, tout le monde comprend votre mal, mais personne ne le ressent à votre place. Vous êtes seul au monde. Le fou a son univers propre, on ne peut pas communiquer avec lui, parce que nous sommes objets de sa conscience. Il est souverain.

  « Suis-je mort? Comment le savoir? » 

   Albin H. depuis toujours se morfondait avec de telles questions. On se limitait à écrire H. pour ne pas s’aventurer dans l’orthographie de son nom de famille impossible : Hevbrünovlasky Zvenn (avec deux n). Il tenait ça de son père, Monsieur H., ancien boursicoteur bien connu qui avait fait fortune dans le hasard en prenant des chances sur des actions fort risquées.

   Albin, jeune trentenaire solitaire, assez grand, plutôt blond, modérément laid, avait, disons-le, un gros nez. Ah, pas une péninsule, n’exagérons rien, mais un assez immense appendice qui lui partait du front et n’en finissait plus. Il s’en complexait, c’est bien sûr – j’aurais bien voulu vous voir à sa place. Il a cherché toute son adolescence à apprivoiser la chose. Mais les miroirs étaient de glace et lui retournaient toujours une image caricaturale. Il avait beau négocier les angles, le constat restait le même : pas beau. Vraiment pas beau. Un si long nez fait loucher forcément, il lui fallait faire de grands efforts pour voir plus loin, ce qui lui donnait un regard de chouette. En écarquillant autant les yeux, on remarquait moins son nez. Petite diversion commode, comme un boiteux boitant de l’autre pied. On ne savait plus où regarder.

 

   Enfin, passons là-dessus, il n’y a pas que le physique dans la vie. Il y a aussi la chimie : un mélange unique des fluides qui forme le caractère d’une personne. Dans son cas, la mixture avait engendré un être rêveur, contemplatif, philosophe. Son activité préférée était de ne rien faire. Il y consacrait tout son temps libre, ne travaillant que pour se reposer. Observer, entendre, sentir, dormir, veiller, penser. Comme un chien finalement, toujours le nez en l’air. Les chiens pensent, ils n’ont que ça à faire. Même quand ils dorment, ils rêvent. On se méprend beaucoup sur leur compte, ils sont fort occupés intérieurement. Si on a le temps, tantôt, on y reviendra, pour l’instant restons dans le propos.

 

   Un soir donc, qu’il était occupé à ne rien faire, il eut encore cette affolante sensation de ne pas être. « Suis-je mort? » s’inquiéta-t-il. (Une idée absurde, oui d’accord, mais qui nous arrive parfois comme une vérité les pattes en l’air. Faut la prendre par en dessous, ce qui exige une certaine flexibilité).

   Il ne doutait pas de sa présence dans l’existence, mais plutôt de son absence. Était-ce l’effet de la drogue ou de l’extrême réflexion? Les deux troublent l’esprit. Ces prises de consciences aiguës se transformaient ainsi en crises d’existence graves, particulièrement depuis son appendicite vermineuse; pas tant de l’opération subie que de l’anesthésie qui l’avait précédée. Il en avait gardé des séquelles un peu comme l’épilepsie quelquefois à la suite d’un traumatisme crânien.  

En regardant l’anesthésiste le piquer dans le bras il avait pensé : « J’espère que ça va marcher son truc ».

—  Comptez jusqu’à cinq, vous allez partir à trois, lui avait dit le médecin, gouailleur.

   « Un, deux, tr… Merde! Ça n’a pas marché », il entendait parler autour de lui. Un frisson lui parcourait le corps. Une tête rieuse s’est penchée sur lui, celle du chirurgien Goguenard (son nom) : « Elle était grosse comme ça. Une vraie balle de tennis. On a bien fait d’opérer. »  Tout ça ressemblait à un mauvais montage dans un film : le héros entre dans une maison et on le retrouve sur un radeau en pleine mer. Où était-il tout ce temps? Et comment parler de temps, il n’y en avait pas eu? Même pas la sensation qu’on en a en dormant. Zéro activité. Zéro existence. Il serait mort, qu’il ne le saurait pas.
 
                                                                   Suite la semaine prochaine

dimanche 15 décembre 2013


 
 
Je vous souhaite
 
UN BEAU NOËL !
 
 
 
À l'an prochain...
 
 

dimanche 8 décembre 2013


Mon beau sapin
 

   La coutellerie en argent est étalée sur la table au travers des chandeliers et des bibelots argentés, c’est soir de frottage. Les femmes, grand-maman, maman et Mireille, enduisent un petit morceau de linge d’un poli crémeux qui sent la cire à plancher et, avec une légère grimace, frottent énergiquement les ustensiles. Toutes appliquées à leur tâche elles écoutent en même temps Bing Crosby à la radio : I’ m dreaming of a white Christmas… chanson qu’on entend depuis quelques années, qui deviendra probablement un classique avec le temps. 

   Je voudrais bien les aider, mais « supposément » que je ne fais pas bien ça! Alors, il n’y a plus rien à faire ici, d’autant plus qu’elles ont commencé à parler des robes qu’elles vont porter pour le réveillon… Pfff, laissons-les placoter et venez plutôt avec moi dans le salon. J’ai quelque chose à vous montrer.

   Padam! Impressionnant, hein? Eh oui, un arbre dans la maison. Un sapin. On appelle ça un arbre de Noël quand il est décoré comme ça. Beau, n’est-ce pas? Cette boule-là, c’est moi qui l’ai accrochée. Et celle-là aussi. Et cette autre aussi. Je n’accroche que les plus belles. Comme celle-ci, ma préférée, en forme de citron avec un creux brillant rouge et bleu et des rayures de poudre d’or, ça doit valoir une fortune. Je l’ai mise la plus haute pour qu’on la voie bien, mais aussi parce que c’est très fragile. Si on l’échappe, c’est un verre fin qui se casse en mille morceaux et devient très très coupant. 

L’étoile en haut? Non, ça, ce n’est pas moi, c’est mon père. C’est le seul qui a le droit. Et qui est assez grand.

   Quelle chose magnifique, hein? C’est beau, c’est gros, ça sent bon! Et en plus, c’est décoré de boules, de guirlandes, de glaçons. C’est franchement une belle acquisition. Félicitations! (Je peux rimer comme ça, sans arrêt.)
   Mais ce n’est pas tout, vous n’avez encore rien vu. Attendez-moi ici, il faut que je rampe sous l’arbre. Je reviens… 

   Voilà! Eh oui, en plus il s’éclaire! Toutes ces petites ampoules de couleur lumineuses dans leurs réflecteurs, c’est un véritable feu d’artifice figé en plein éclatement. On dirait une hallucination, un rêve, un…

   — Charles, éteins l’arbre de Noël, tu sais que c’est dangereux de le laisser allumé quand on n’est pas là.

   — Mais maman, je voulais juste le montrer.

   — Montrer à qui?

   Hum…De toute façon, elle ne comprendrait pas. Excusez-moi, je dois l’éteindre.

   Les figurines de plâtre sous l’arbre, c’est la crèche. On a le bœuf, l’âne, le petit Jésus dans son berceau, la Vierge Marie et Saint-Joseph avec la canne cassée – ça aussi, c’est fragile – et bien sûr, l’étable délabrée (que mon père a bien rendu) dans laquelle tous ces personnages sont. Si vous regardez deux branches plus haut, exactement au-dessus de la crèche, vous y voyez une canne en bonbon, petit cadeau que Mlle Therrien m’a donné hier discrètement (je crois qu’elle est toujours amoureuse de moi), au dernier jour d’école. Je l’ai posée là, comme pour en faire une étoile de Belt… de Blehtéem.

   — Charles, va mettre ton pyjama, c’est l’heure de te coucher!

   — Mireille, elle?  (Un automatisme)

   — Elle est déjà en pyjama.

   C’est vrai, j’aurais dû remarquer. Bon, j’y vais.

   Mais vous, ne partez pas! Je n’ai pas fini. Il faut que je vous dise que ce n’est pas seulement chez nous qu’il y a un sapin dans la maison. On en trouve dans presque toutes les maisons, on les voit par les fenêtres bien souvent. Il y en a aussi dans l’église (mais ils ne sont pas décorés ceux-là, c’est un endroit trop sérieux) et il y en a même un à l’école. Lundi, nous sommes arrivés dans la classe et un superbe sapin trônait au milieu de la pièce, nos pupitres disposés en cercle autour. Il n’avait pas de boules, mais quand même, il était tout brillant de glaçons.

   La maîtresse, à notre dernière journée d’école avant les vacances des Fêtes, nous a fait chanter des cantiques de Noël. Ce n’était pas des Petit Papa Noël ou des Petit Renne au nez rouge, c’était plutôt des chansons religieuses. Mais jolies. 

Çà, bergers assemblons-nous
Allons voir le Messie eeee!

Les anges dan an nos campagnes
Ont entonné l’hymne des cieux… 

   Toutes des chansons dont on ne comprend rien, mais qu’on fredonne au son. Elle en a même chanté une que je n’avais jamais entendue. Je soupçonne que c’est elle qui l’a inventée :

Venez divin Messie,
Sauver nos jours infortunés… 

Le reste je ne m’en souviens plus. Mais je ne crois pas que ça va connaître un gros succès son affaire. 

   Ma préférée, si vous voulez savoir, c’est celle que mon père souvent nous chante :

Père Noël! Père Noël!
Apporte des bébelles
Viens chez nous
Fais pas le fou
J’vas donner trente sous!

   Et puis une autre (après ça, je vous laisse partir) que je chante parfois à mon arbre quand il est éteint, qu’il n’est plus qu’une présence fantomatique dans le salon sombre et que je sens un peu seul, loin des siens restés dans la forêt, c’est :

Mon beau sapin!
Roi des forêts
Que j’aime ta parure…


***
 

dimanche 1 décembre 2013


 
Fièvre
 

   Comment un fou peut-il savoir qu’il est fou? Il est dans son monde où l’incohérence ne se détecte pas. Si tout le monde virait fou en même temps, comment le saurions-nous? Qu’est-ce qui nous fait croire que nous ne le sommes pas? J’ai mal à la tête. Je suis dans un rêve qui n’est pas dans mon sommeil. Les proportions des choses se dépassent, se surpassent, touchent à l’infini, je me vois dans un microscope. D’ailleurs, ce n’est plus moi, c’est une masse, la Masse, qui n’en finit plus de gonfler, gonfler, gonfler. Je brûle et mon corps tremble de froid.


   Tout est flou. J’entends des voix. Pourquoi on parle? À quoi ça sert de parler.  Tant de mots qui n’expliquent rien. Un chien n’a jamais dit à son maître qu’il l’aimait. La parole est superflue, le fluide entre les corps suffit. J’ai soif. Très, très, très soif. L’eau ne m’étanche pas, même boire le fleuve ne suffirait pas.

Je m’assèche.

   Je pars, je reviens, j’entends des voix. « Tousse un peu Charles. »  Une pierre froide me parcourt le dos. On me retient en avant. « Plus fort, trois coups. » Je retombe endormi. 

     — Combien, docteur?
     — 104. Faut faire descendre la température.

    La montagne en pulsation me mange, m’engloutit. Un gonflement régulier monte en moi, l’espace va finir par manquer.  

J’ai froid.

   Comme tout devient minuscule! La terre est trop petite, je dois me rapprocher pour la voir. Mais je perds le « je », fondu dans un magma, l’infini, l’immatériel. Un mince souvenir, une reconnaissance d’un état par des mots : « Charles », « Maman », « lit », « chambre »… me relie à un monde parallèle.

J’ai chaud.

   Un petit déséquilibre de rien du tout, une goutte de trop ou de moins dans la chimie de mon cerveau et le monde entier vient de changer; je ne suis plus le même. C’est épeurant. Comme ces histoires d’amnésie subite : un coup à la tête, et soudain on n’a plus de passé. Tout est à refaire, les gens qu’on aime deviennent des étrangers, nous indiffèrent. C’est angoissant. Tout cet univers serait donc si fragile? Un simple dérèglement hormonal et nous ne sommes plus tout à fait la même personne. 

J’ai peur.

   Je ne sais plus si je rêve. Je me sens rêvé, donc je ne rêve pas. Ou alors je rêve que je ne rêve plus. Comment en sort-on? C’est comme un miroir qui se reflète dans un autre, je me perds, je ne trouve plus la sortie.

J’ai mal.

   J’ai perdu toute notion du temps. Est-ce le jour, la nuit, l’été, l’hiver? Je suis parti depuis si longtemps. Et où suis-je? Je ne sais pas. Je bouge sans arrêt. Je tremble trop. Où suis-je? Au fond de la mer? Quelque part dans les étoiles? Je sais seulement que j’y suis seul. Terriblement seul. Et encore, je ne suis même plus.

J’ai fondu.

   

   Quelques images me reviennent : Minet, mon petit frère Paulo qui court dans le corridor, le bruit dans la cuisine, ça sent les toasts brûlées.

Je remonte à la surface; j’ai moins chaud. J’ai mal dans le cou, mais au moins je sais que c’est dans le cou que j’ai mal, mon corps a retrouvé ses membres. J’ai des ouates dans les oreilles et je remarque qu’il y a quelques taches de sang sur mon oreiller. 

J’ai faim.

                        Bon signe.   
 
***
 

dimanche 24 novembre 2013

 
Tant pis, tant mieux
(Paroles et musique : Serge Timmons)
 
 
Tant pis si le père Noël n’existe pas !
Tant mieux qu’il n’existe pas !
S’il existait, alors les ogres aussi,
Les monstres et dragons,
Le bonhomme sept heures et les loups-garous
Tant mieux !
Tant pis pour les sirènes,
Les anges et les fées !
Mais tant mieux pour les sorcières
Les cyclopes, les hydres et les chimères
Tant mieux !
Tant pis pour le merveilleux
Les rêves et le paradis !
Mais tant mieux pour les mauvais songes
L’enfer, vampires et damnés !
Tant mieux !
Tant pis s’il faut mourir un jour !
Tant mieux, pour les malheureux.
Ils rejoignent enfin Dieu, s’il existe ? 
Oh !...
Tant pis si le bon Dieu n’existe pas
Tant mieux s’il n’existe pas
Car s’il existe, y s’ra vraiment pas content !
Quand on lui dira ce qu’on a fait à ses enfants
Tant mieux !
Tant pis !
Tant pi..eux !
 
                                                                                    Copyright © 2006  S. Timmons
 

dimanche 17 novembre 2013


Le jour du Souvenir



Ce qu’il ne faut pas oublier aussi en ce jour du Souvenir, c’est la bêtise humaine.

Souvenons-nous que la guerre est l’échec de nos dirigeants.
Souvenons-nous que tous ces héros sont d’abord des victimes

Souvenons-nous que tous nos valeureux soldats se sont battus contre… contre… des êtres humains, morts eux aussi pour leur patrie, pas plus intéressés à la guerre, mais pris dans une dynamique de fous.

Souvenons-nous qu’il y a des fous qui nous incitent à la guerre.

Souvenons-nous qu’en les suivant nous sommes tous responsables.

Souvenons-nous que la plus grande menace à l’humanité est l’humanité.

Souvenons-nous qu’on oubliera.

Souvenons-nous qu’on avait oublié, à peine vingt ans après.

 

***

dimanche 10 novembre 2013


Économiser


   Cette semaine encore, je n’ai rien à dire, alors… PARLONS D’ARGENT !

   Mes parents m’ont toujours répété qu’il fallait économiser dans la vie.  Imaginez comme j’étais content hier en lisant cette petite phrase au bas de ma facture de Canadian Tire  Aujourd’hui, vous avez économisé $32.25.  Yessss!  Moi, qui hésitais à dépenser pour toutes ces futilités, alors qu’en fait, je déposais.

Et v’là-tu-pas qu’aujourd’hui, je tombe sur une annonce de Brault & Martineau qui me rappelle ce judicieux conseil « c’est le temps d’économiser » en achetant SANS RIEN DÉBOURSER un divan laitte et en plus je repars avec une télé 32’’ gratuite.

En réalité, je n’ai besoin de rien de ça, mais « un fou dan’ne poche » je saute là-dessus.  Je vendrai la télé (100% de profit) et le divan laitte ne me coûte rien.  En plus, j’accumule encore des économies… attendez…euh, voilà, c’est écrit ici, $ 400.  Je n’en finis plus de m’enrichir.

Les meubles?  Quoi les meubles?  On parle de Brault & Martineau, cette entreprise qui paie des fortunes en publicité pour nous parler d’économies, de financement, de voyages, de concours. Les meubles, c’est bien secondaire, à peine les voit-on à l’arrière-plan en rangée sous un éclairage blafard. D’ailleurs ils le disent bien dans leur publicité « la qualité n’est pas un obstacle aux bas prix »… les gens s’en foutent, du moment que c’est pas cher. 

Mettre autant d’emphase et d’argent pour offrir des baaaaas prix, me laisse quand même perplexe.  Une entreprise commerciale tire toujours sa part de profit, sinon elle n’est pas là.  Alors quand c’est moins cher, c’est contre le produit, forcément (matériaux, main d’œuvre), et contre nous, finalement. La qualité n’est pas un obstacle aux bas prix… si vous le dîtes, alors ce sont les bas prix qui sont un obstacle à la qualité.  Et surtout au bon commerce.

Annoncer de bons produits au juste prix, ce ne serait pas une bonne idée, ça?

Mais je suis bien naïf, vous avez probablement raison, les gens veulent du Coderre, du Rob Ford, ils veulent, avant tout, des baaaaas prix.


***

dimanche 3 novembre 2013


Le sport

 

Cette semaine, je n’ai rien à dire…  ALORS, PARLONS SPORT!
Et quand on dit sport, on dit hockey, évidemment.

Quelques observations sur ce merveilleux sport d’hiver pratiqué en culottes courtes et en bas golf.

* Tout d’abord bien comprendre qu’un droitier doit utiliser un bâton gaucher.  Ce que mon père  (naturellement droitier) n’a jamais compris.  Il s’est entêté toute sa vie à utiliser un bâton droit, ce qui le rendait maladroit.  J’essayais de lui faire comprendre que la main habile sur le bâton est celle qui tient le bout pour contrôler la rondelle d’une main, par exemple.  Mais, rien à faire, c’était écrit sur le bâton, alors…

La plupart des joueurs d’ailleurs (et c’est bien normal) sont «gauchers » dans une proportion de 3 pour 1.  Prenez le temps de les compter la prochaine fois, vous verrez.


* Quand une équipe compte un but pendant l’appel d’une punition, on annule la punition.  Pourquoi? Aucun rapport, ce n’est que pure empathie.  On suppose que l’équipe fautive est suffisamment punie… Alors, l’autre s’en tire sans contravention. Policiers, méditez là-dessus.

 
*  La publicité est omniprésente. D’abord sur les bandes, et de plus en plus sur la surface (sacrée) de jeu. Situation plutôt rare en tout autre sport.  Un si petit espace, pourtant.  Imaginez ce qu’on pourrait  faire au football, ou mieux, au baseball (une idée géniale, laissez-moi leur en parler avant).  Et encore, cela n’est rien comparativement au golf…


* Certains trouvent aberrant de chanter les hymnes nationaux avant chaque partie. Je suis bien d’accord. Pourquoi ne pas les remplacer par la prière?


Petite pause publicitaire. On revient tout de suite après.


L’annonce de Bell, les deux filles :

— Je peux pas croire que la troisième saison commence ce soir.  

— Puis t’as réussi à avoir le salon pour l’écouter ! Comment t’as fait (convaincre les gars, d’écouter le hockey dans le garage) ?

…C’est ben simple, stie, sont partis avec la TV ! C’est certainement pas celle qu’ils auraient pu écouter dans le sous-sol.
 

Et nous sommes de retour…
 

Tennis, maintenant.

Règles étonnantes, là aussi. Le seul sport où un joueur (le serveur) a droit systématiquement à un mulligan. À l’origine, quelqu’un a eu pitié : « Honnn! Pas chanceux, dans le filet…  Reprends-la. »  Mais tout le monde n’est pas aussi gentleman, et maintenant que c’est la coutume, la plupart en profitent pour frapper leur première balle comme des malades.  

Autre chose.  Connaissez-vous un sport où vous perdez 40-0, pis c’est même pas grave?  Le match commence.  Je m’en vais me chercher une bière, je reviens, c’est 15-0.  Ça y est, c’est fini, je me dis. 

Mais non…
Remporter un échange vaut 15 points.  Deux échanges, 30 points.  Trois échanges, 45.  Non attendez, le troisième échange est moins important, il ne vaut que 10 points, puisqu’on est rendu à 40. À moins que tous les coups vaillent en réalité 13.33 points (non arrondis). Anyway,  le premier rendu à 50 gagne.  Non, attendez.  Ça n’existe pas.  Après 40, c’est jeu ou avantage.  Enfin, si vous êtes meilleur que l’autre vous remportez le jeu qui vaut… qui vaut…1 point (pas quelque chose comme 425, ou 642… UN point, tout simplement.)    

C’est simple quand on y pense pas.


    La semaine prochaine, on parle de la violence au curling.  À moins que j’aie trouvé quelque chose à dire.

 

***